13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 22:28
Découverte archéologique exceptionnelle au fond d'un puits : un chariot romain du III ème siècle à  Châteaumeillant (Cher)

L'oppidum gaulois de Chateaumeillant - Mediolanum, vestige de la guerre des Gaules

L'oppidum gaulois de Chateaumeillant (Cher) , cité dans la table de Peutinger sous le nom de Mediolanum fait l'objet de fouilles archéologiques depuis 2001 dirigées par Sophie Krausz de l'université de Bordeaux 3 .

Cet oppidum, fondé au II ème siècle avant JC, faisait partie du territoire (civitas) des Bituriges Cubes, dont la capitale était Avaricum (Bourges). Son nom, Mediolanum Biturigum , vient du gaulois Mediolanon "centre du territoire".

Dès le IIème siècle , l'élite gauloise de cette forteresse a très vite commercé avec l'Italie, comme en témoignent les centaines d'amphores de vins greco-italiques découvertes sur le site dès le XIXème siècle . Mediolanum pourrait avoir rempli la fonction de comptoir commercial, sorte de plaque tournante du commerce du vin au centre de la Gaule, ainsi que celle de sanctuaire, où se pratiquaient les cérémonies rituelles du banquet nécessitant de grandes quantités de vins.

Le site a connu deux incendies, un vers -100 avant JC, l'autre au milieu du Ier siècle avant JC. Ce dernier événement, attesté par l'archéologie, pourrait correspondre à la mention par Jules Cesar, dans la "Guerre des Gaules", de l'incendie de 20 villes bituriges. Ces incendies avait été ordonnés en 52 avant JC par Vercingetorix, selon sa stratégie de la "terre brûlée", et étaient destinés à affamer les troupes romaines. Cette stratégie pris fin lors du terrible siège d'Avaricum , où après une défense acharnée , la plupart de ses habitants (40 000) furent massacrés.

Après la guerre, le site de Mediolanum ne connut pas d'expansion urbaine, mais continua à être fréquenté par les gallo-romains, comme en atteste la présence d'un atelier de potier à l'époque Tibérienne au début Ier siècle de notre ère, ou d'un sanctuaire composé de puits rituels à offrandes.

Parmi ces puits, un exceptionnel ensemble découvert en juillet 2012, mais présenté au public très récemment, qui contenait des milliers d'objets, dont des centaines d'objets en bois, fer, bronze.

Amphores italiques du IIe siècle avant JC de l'oppidum de Mediolanum - Musée Émile Chénon

Amphores italiques du IIe siècle avant JC de l'oppidum de Mediolanum - Musée Émile Chénon

Découverte archéologique exceptionnelle au fond d'un puits : un chariot romain du III ème siècle à  Châteaumeillant (Cher)

Des découvertes exceptionnelles au fond d'un puits à offrandes

De magnifiques objets ont été jetés par les gallo-romains au fond du puits. La plupart des objets étaient d'une très grande valeur pour l’époque. Parmi les objets les plus remarquables, on peut citer des objets datés du III ème siècle de notre ère comme "une cruche à fond plat et bec tréflé, une serrure en tôle de bronze ornée du visage d'Hercule aux yeux d'argent, un cheval à bec verseur, et le lion en bronze massif qui constitue la pièce maîtresse de la série », s'émeut Sophie Krausz, en ajoutant :« C'est la première fois que l'on trouve des objets de ce type. Il n'y a aucune comparaison possible en France ni même en Europe ».

Et, chose étrange, ils pourraient rappeler un acte rituel de l'époque gallo-romaine, selon l'archéologue et historien Gérard Coulon, ex-conservateur en chef du musée d'Argentomagus. Les puits pouvant permettre de rentrer en communication avec les dieux souterrains (divinités chtoniennes) , il ne serait pas impossible que les personnes aient agi de la sorte pour accomplir des voeux ou pratiquer de la magie noire. D'ailleurs, les petites tablettes en plomb, également retrouvées, confirmeraient cette hypothèse puisque celles-ci étaient d'ordinaire utilisées pour jeter des sorts ou se prémunir de maléfices. »

Magnifique lion en bronze du IIIème siècle, aux yeux incrustés d'argent  trouvé dans le puits,  photo JG Gaubert

Magnifique lion en bronze du IIIème siècle, aux yeux incrustés d'argent trouvé dans le puits, photo JG Gaubert

Découverte archéologique exceptionnelle au fond d'un puits : un chariot romain du III ème siècle à  Châteaumeillant (Cher)

Un chariot romain entier offert aux divinités souterraines

Encore plus incroyable en Gaule, il semble qu'un chariot entier datant également du IIIème siècle, découpé en morceaux , ait été précipité au fond du puits . Le puits a en effet livré près de 200 objets ferreux représentant une masse cumulée d’environ 100 kg.

Sujet de recherche pour une étudiante de l’Université de Nantes et en cours de restauration au laboratoire Arc'antique, cet ensemble constitue les pièces d’un chariot du IIIe siècle.

Ci-contre la reconstitution d'un chariot romain de transport des voyageurs au musée de Cologne.

En dehors du char romain de Saintes, retrouver l'ensemble d'un véhicule romain de transport est un évènement unique en Gaule. L’étude se poursuit sur les fragments de bois recueillis qui pourraient en constituer la caisse… En attendant de pouvoir admirer toutes ces pièces et le chariotaprès restauration au musée de site Emile Chénon!

Pièces métalliques du chariot de Mediolanum - photo laboratoire Arc'Antique

Pièces métalliques du chariot de Mediolanum - photo laboratoire Arc'Antique

Stèle romaine d'un chariot- citerne de transport -Province de Pannonie - Rhetie ( Autriche)

Stèle romaine d'un chariot- citerne de transport -Province de Pannonie - Rhetie ( Autriche)

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 16:03

Il s'agit d'un spectacle audiovisuel (source INRAP - universciences) qui raconte la vie gauloise , avant la conquête romaine vers 70 avant JC, chez les Eduens (actuelle Bourgogne), peuple allié de Rome.

Il s'agit d'une scénarisation originale et pleine d'humour, mais ce spectacle présente une synthèse sur l'essentiel des savoirs actuels sur les sociétés gauloise et leur rapport avec Rome, avant sa conquête par Jules César

Il a été diffusé lors de l'exposition "Gaulois, une exposition renversante" à la Cité des Sciences et de l'Industrie en 2001 et 20012.

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 21:40

Une école de gladiature, ludus gladiatorius,détectée en 2011 aux environs de Vienne (Autriche dans la ville romaine de Carnuntum, a été virtuellement reconstituée en 2 D et 3D par une équipe d’archéologues autrichiens, allemands et belges : il viennent  de publier leur résultat dans la revue scientifique "Antiquity" .

 

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Reconstitutions de combats de gladiateurs par Acta au theatre antique d'Orange (photo JL Zimmerman

La caserne de Gladiateurs de Carnutum

En 2011, une équipe de chercheurs de l’Institut Ludwig Boltzmann pour la Prospection Archéologique et l’Archéologie Virtuelle (LBI-ArchPro), a annoncé la découverte d’un bâtiment exceptionnel sur le site romain de Carnuntum (actuelle ville de Petronell-Carnutum en Basse-Autriche), à quelques dizaines de kilomètres de Vienne. 

Le bâtiment a été détecté grâce à des photographies aériennes puis prospecté finement au radar, sans mettre en oeuvre de fouilles.

Ce bâtiment  est situé à l’ouest du deuxième amphithéâtre de la ville antique de Carnuntum. Cet  amphithéâtre, fouillé entre 1923 et 1930, était l’un des quatre plus vastes amphithéâtres de l’Empire romain et pouvait accueillir jusqu'à 13 000 spectateurs. Il était essentiellement utilisé pour les spectacles de gladiatures et diverses assemblées. Un premier amphitheatre , pouvant accueillir 8 000 personnes,  avait été construit à proximité du camp légionnaire, pour distraire les militaires, comme cela était le cas dans toutes les garnisons romaines.
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Amphitheatre II de Carnunutum, qui pouvait accueillir jusqu'à 13 000 habitants (Friesinger, H. & Krinzinger, F. 1997. Les limes romain en Autriche. Académie des sciences, 1997)

 

Les reconnaissances radars sur le batiment ont confirmé la présence d’un complexe de 2 800 m2, entourés d’une parcelle de 11 000 m2 et délimité par un mur. L’école est constituée de plusieurs bâtiments disposés autour d’une cour intérieure comprenant une arène d’un diamètre de 19m2.

La configuration du batiment et la presence de cette petite arène , a proximité de l'amphitheatre,  ne laisse planer aucun doute : il s'agit d'un ludus gladiatorius, caserne de gladiateurs où logeaient et s'entrainaient les athlètes combattants. 

 

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Plan des vestiges en 2D du ludus de Carnuntum , interprété à partir des données radar - copyright LBI ArchPro

Il y avait également des thermes, un espace réservé au propriétaire du ludus (laniste)  et un bâtiment administratif de 300 m2.

Les gladiateurs, quant à eux, était logés dans des cellules individuelles de 5m2. Les images permettent également de repérer les conduites d'eau, les égouts et le système de chauffage par le sol. Selon les archéologues le cimetière des gladiateurs serait situé à proximité du complexe. 

 

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Interprétation en 3 D des données radar du site du ludus  - coyright LBI ArchPro


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Reconstitutions 3 D de la caserne des gladiateurs de Carnutum - copyright M.Klein / 7reasons

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Même si l'empire romain a  compté plus d'une centaines d'école de gladiatures,  seules trois, dont celles ci, ont été découvertes et étudiées : la seule école de gladiature comparable, de grandes dimensions avec une arène d'entrainement est le ludus magnus à Rome près du Colisée , où séjournaient l'élite de la gladiature. L'autre ludus mis au jour et étudié , celui de Pompei, ne comporte pas d'arene d'entrainement. Il s'agit donc à Carnutum d'une découverte exceptionelle et préservée par l'utlisation de techniques achéologiques innovantes non destructives .

 

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Les vestiges du Ludus Magnus de Rome -au premier plan des cellules de gladiateurs - près du Colisée


La video ci-dessous presente le ludus de Carnutum reconstitué en 3D :

 

 

La vie quotidienne des gladiateurs dans leur caserne

En l'absence de fouilles archéologiques sur le site, seule la comparaison avec les deux autres site étudiés et les auteurs antiques nous éclairent sur la dure vie quotidienne des gladiateurs. 

La caserne de Carnutum pouvait héberger jusqu'à 50 -60 gladiateurs dans les cellules individuelles de 5 m². Si les esclaves et condamnés (les damnati) étaient enfermés dans cette caserne, les hommes libres entrés volontairement en gladiature  (les auctorati) pouvaient en sortir et avaient souvent un logement à l'exterieur de la caserne . 

Les armes offensives étaient  stockées en lieu sûr, hors de portée des gladiateurs, mais le ludus de Pompei montre que des cellules vides pouvaient toutefois servir à stocker les équipements défensifs des différentes armaturae (casques , boucliers, protections....).

Dans les cellules, les hommes dormaient probalement sur de simples paillasses à même le sol, en l'absence de traces de literies. Les gladiateurs pouvaient avoir des femmes ou des concubines, souvent de conditions modestes, nommées péjorativement ludia (filles du ludus)

Le laniste emploie également du personnel pour s'occuper du bien être des gladiateurs:  pour les soigner , les nourrir, les entrainer, réparer ou ajuster leur équipement ... Les textes antiques et découvertes archéologiques montrent que la nourriture des gladiateurs est dominée par les céréales et legumineuses (notamment orge, fèves, fruits secs...), et la viande occasionnelle. 

Une discipline de fer et un entrainement quotidien rythmait la vie de la caserne. Les gladiateurs s'entrainaient, sous les directives d'un instructeur (doctores gladiatorium): outre des exercices pour maintenir la condition physique (athletisme, lutte..) ,  l'entrainement s'effectuait avec des armes de bois ; les débuts s'effectuait contre un poteau de bois ou un mannequin de paille, avant que les  gladiateurs ne se spécialisent vers une armatura. 


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Sica en bois (épée recourbée du gladiateur thrace)  retrouvée au camp miltiare de Haltern (Allemagne)


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Lampe à huile avec en décor un gladiateur thrace s'exercant sur un pieu de bois - musée du Louvres

La vile romaine de Carnutum 

Tibère (42 av. J.-C. -37 ap. J.-C.),  établit son camp sur le site, à proximité du Danube, en 6 après J.C, lors de sa campagne contre les Marcomans. En 40 apres JC,sous l'empereur Claude, la legion XV appolinaris s'y installe et construit une forteresse, d'abord de bois et de terre, puis en pierre sous Vespasien.  Cette légion sera ensuite envoyée en Orient et  remplacée à Carnuntum  par la XIV Gemina .

 

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Reconstitution du fort romain (en bois et terre ) lors de l'installation de la legion XV appolinaris au Ier siècle - Copyright M. Klein

 

Autour du camp militaire, une agglomération se développe, les Canabae Legionis,  abritant les civils accompagnant les légions. Cette agglomération atteint son apogée au III  ème siècle et devient une des métropoles romaine les plus florrissantes du Danube.

 

Capitale de la province de Pannonie, la cité romaine comptait 50 000 habitants à son apogée et s'étendait sur plus de 10 km2. 
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On  peut admirer les vestiges de la ville antique de Carnutum dans le Parc Archéologique de Carnutum, ainsi qu'un musée et de très eblels reconstitutions de batiments ( villa, thermes, auberge...) 
A visiter absolument si vous passez en Autriche : le site du Parc archéologique de Carnutum.

 

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Copyright Parc archeologique de Carnutum

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 22:55

Des archéologues qui travaillent dans le désert occidental de l'Egypte ont découvert récemment sur un site connu depuis 1979,  une école  d'enseignement secondaire de l'Empire Romain datant du III ème siècle de notre ère .

Cette découverte, rare, nous éclaire sur une structure qui servait à l'enseignement de la grammaire, de la littérature grecque et romaine, la rhétorique, aux jeunes adolescents faisant partie de la jeune élite de l'empire romain. 

Cette structure scolaire d'enseignement secondaire a été utilisée une vingtaine d'années et a fini par devenir une partie d'une grande maison comportant des fresques et peintures.

La maison et l'école sont situés dans la ville antique de Trimithis (aujourd'hui Amheida ), qui est en oasis de Dakhla, à environ 300kilomètres à l'ouest du Nil. 

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La structure scolaire de Trimithis où l'on peut voir un banc et un mur avec un enduit blanc avec des textes littéraires grec en rouge - photo copyright -  Eugene Ball 

 

Une découverte rare

Dans le monde romain antique, il n'existe pas de bâtiment dédié à l'éducation, et les écoles se situent généralement au domicile de l'enseignant ou dans des lieux ou des pièces ouvertes , comme l'auvent ou l'intérieur de boutiques, ou des galeries attenantes aux édifices publics du forum. 

De fait ces écoles sont difficiles à identifier en archéologie. 

 

La structure d'Amheida est sans conteste une école, comme en témoigne la taille de la pièce, le mobilier (banc de pierre)  et surtout les textes en Grec sur les murs,  témoignant d'activités d'enseignements. 

Le texte du professeur a été rédigé très soigneusement et était apparemment un modèle pour la composition. A cette époque, dans l'empire romain oriental le Grec était la langue la plus couramment utilisée et enseignée. 
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Extrait de l'Odyssée  en grec sur le mur de l'école : Helene de Troie donne à ses convives une drogue pour leur bien être - Photo copyright  Paola Davoli 
 

Par exemple, le texte se référe à un passage de "L'Odyssée" et raconte une histoire légendaire de la consommation de drogue ancienne: Hélène de Troie,  donne ses invités un médicament (peut-être l'opium) qui "enlève la douleur et la colère, et apporte l'oubli de  tous les maux »,

Le  texte du mur de l'école se lit comme suit :  "Celui qui doit boire ce mélange dans un bol ne laissera pas tomber une larme sur sa joue durant au moins toute une journée.   Imiter." 

Le mot "imiter" apparaît pour indiquer les élèves devaient copier le passage d'une certaine façon. 

Dans une autre pièce de l'école, l'équipe d'archéologues a découvert un autre texte composé par un professeur qui explique aux élèves de mettre en pratique leurs compétences rhétoriques au bénéfice  de plusieurs divinités, y compris l'ancien dieu grec Hermès. 

 Il a également exhorté les étudiants à travailler dur. "Soyez audacieux, mes garçons, le grand dieu vous accorde d'avoir une belle couronne récompensant la vertu ". Ailleurs , dans le même esprit on lit :  "Travaillez dur pour moi, la fatigue fait les hommes virils ..."

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Statue honorant  un grammaticus (enseignant grec du secondaire) , au II e siècle à Rome, nommé Marcus Mettius Epaphroditus - Musée de la civilisation romaine - palais Altieri . Photo Barbara McManus

 

L'école n'a été utilisée qu'une vingtaine d'années, peut-être parce que l'enseignant a déménagé ou est décédé, pratique attestée par les auteurs antiques,  ont indiqué les chercheurs. Après sa fermeture, le bâtiment de l'école a été incorporé dans une maison voisine appartenant à un magistrat local nommé Serenos, qui a utilisé une partie de celui-ci pour le stockage.

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Fresques des dieux de l'Olympe dans la maison de Serenos - photo copyright Eugene Ball

En 1979, les chercheurs avait  déjà mis au jour la maison de Serenos et une peinture des dieux de l'Olympe. Des fouilles plus récentes (2008) avaient  révélé davantage de peintures dont une d'une scène de banquet avec un joueur de flûte. Dans une pièce, presque toutes les surfaces murales  ont  été décorées, soit de motifs géométriques colorés ou des scènes animées figuratifs.

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Scène du banquet et du joueur de flute dans la maison de Serenos, photo copyright Eugene Ball

 

Serenos semble avoir apprécié les leçons du professeur et les a sauvegardées sur les murs de sa maison, signe de sa sophistication culturelle.

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 16:38

Les Etrusques sont à l'honneur en cet autome 2013 dans les médias et les musées !

Ce peuple énigmatique a occupé une partie de l'Italie au nord du Latium ( essentiellement en Toscane) , depuis le début de l'age du fer au VIII ème siècle avant JC, jusqu'à leur assimilation définitive en tant que citoyens romains au Ier siècle avant JC .

Cette civilisation a émergé à partir de la civilisation  Villanovienne  datant de l'age du bronze, et cette population  s'est enrichie de  l'arrivée de colons Tyrrhéniens (Asie Mineure) . 

Ce peuple, nommé Etrusci par les romains , était constitué en réalité d'une "fédération" de tribus et de cités indépendantes, qui toutefois partagaient la langue , la culture et les religions et avaient des liens politiques forts.

Cette civilisation a fortement inspirée les romains  dans leur vie sprituelle , au travers de rites parfois curieux et esoteriques, la vie politique, la technologie, l'art ...  

Cette société était très structurée sur le plan social, marquée par l'apparition de familles aristocrates , avec au sommet,  un roi. De fait, les vestiges archéologiques  et les oeuvres qui nous sont parvenus, n'illustrent pas la vie des esclaves . Ces témoignages ne concernent que la classe élevée des maitres,  illustrant du très grand rafinement de cette brillante civilisation et de ses riches habitants.

Considéré le plus souvent comme un peuple originaire d’Orient, enveloppé dans le mystère d‘une langue et de rites hermétiques, le peuple étrusque eut, avant Rome, un rôle de tout premier plan parmi les grandes civilisations méditerranéennes. Peuple de marins et de marchands, les Étrusques ont évolué dans un contexte riche de son commerce internantional et de ses échanges, notamment avec les Grecs, mais aussi les Phéniciens, les Egyptiens,  dont ils furent à la fois les émules et les rivaux.

La présence et l'importance des femmes dans la société étrusques , leur présence aux banquets et leurs moeurs libres  , par exemple  ont choqué  leurs  contemporains grecs et romains, alors que leur société patriarcale confinaient les femmes à un rôle de second plan dans la maisonnée. 

 

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Evocation de l'alphabet etrusque, inspiré de celui des phéniciens - Musée Maillol 

 

Les Etrusques ont laissé des traces de leurs comptoirs marchands avec les colonies grecques des rivages de la Gaule méridionnale (notamment à Lattes).

 

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Carte de la zone d'influence des Etrusques, au milieu de  celles des grecques et des phéniciens - Musée Maillol 

L’image des Étrusques est trop souvent évoquée à travers des témoignages liés au monde funéraire. Cette composante a été accentuée par la découverte de nombreuses tombes, particulièrement au cours du XIXe siècle, qui ont constitué la première source des archéologues. Ainsi a-t-on eu tendance, à tort, à les détacher du monde des vivants. 

 

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Une  belle exposition au musée Maillol  àdécouvrir jusqu'au 9 février 2013 , qui fait revivre le quotidien des élites etrusques 

Pour l'exposition "Les Etrusques, un hythme à la vie"  , le musée Maillol  a choisi au contraire de nous évoquer la vie quotidienne de ses élites joyeuses et cosmopolites . Pour l'exposition,  le musée a rassemblé plus de 250 œuvres de musée européen  avec l'architecture pour fil conducteur, des cabanes primitives aux intérieurs des maisons princières et patriciennes, qui nous font découvrir les principales cités de cette fédération : Véies, Cerveteri, Tarquinia et Orvieto...

 

 

La culture et la vie quotidienne des Etrusques défilent sous les yeux des visiteurs : la vie religieuse très présente, l'écriture, la peinture, l'orfèvrerie, la sculpture, des rites funéraires légendaires, des banquets , les militaires  ...

Du début de leur histoire : les Villanoviens , à la fin de l'age du Bronze : 

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Casque à crête de type villanovien , première moitié du VIIIe siècle avant J.-C. Photo : Soprintendenza per i Beni Archeologici della Toscana / Antonio Quattrone 

 

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 Urne  cinéraire, en forme de cabane villanovienne, milieu du IXe siècle – début du VIIIe siècle avant J.-C. Photo : Soprintendenza per i Beni Archeologici della Toscana / Antonio Quattrone

 

  De farouches guerriers bien équipés

L'équipement des guerriers étrusques est proche de celui des grecs dont il reprend les équipements et la stratégie. Les équipements sont toutefois beaucoup plus "folkoriques", avec des variantes sur les casques reprenant les modèles des hoplites grecs agrémentés de nombreuses décorations, crêtes énormes,  ornements, cornes ou plumes, destinées à impressionner leurs ennemis.

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Bouclier étruque en bronze  Seconde moitié du VIIe siècle av. J.-C. 


L'art étrusque, un rafinement esthétique associé à un artisanat sans équivalent 

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Magnifique fermoir de vêtement en or à figurine de lions -  680-650 avant J.-C


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Vase etrusque avec des danseurs et joueurs de flute 


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Tête votive d'un jeune etrusque


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Scene de banquet étrusque sur une plaque de revêtement architectural en relief,550-530 avant J.-C. Photo :  Museo Nazionale Etrusco Rocca Albornoz, Viterbo / Fabio Barbieri

 

Parmi les céramiques, quelques pièces - objet de culte ou vaisselle de banquet à vocation érotique- rappellent la place du sexe dans la société étrusque : le catalogue de l'exposition évoque ainsi un «climat quasi orgiaque, […] mœurs licencieuses, […] luxure effrénée des femmes étrusques rapportées par les textes antiques.»

 La vidéo suivante de Libération, commentée avec une certaine malice par Vincent Jolivet, archéologue du CNRS, nous laisse entrevoir  cet aspect de cette civilisation : Attention certaines scenes sur ceramiques étrusques sont explicites et peuvent choquer le jeune public - déconseillé au moins de 14 ans .

 

 

Le culte des morts 

L'intérieur tombeau du Navire à Tarquinia est reconstitué et l'exposition présente de plusieurs  urnes ou sarcophages , constituant les dernieres demeures des époux le plus souvent :

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Reconstitution du Tombeau du Navire- Tarquinia 

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Urne dite "du Bottarone", début du IVe siècle avant J.-C. Photo : Soprintendenza per i Beni Archeologici della Toscana / Antonio Quattrone

 

Pour en savoir plus sur l'exposition :

- infos pratiques : musee maillol 

- catalogue disponible en ligne sur Amazon : cliquez ici .

 

Pour en savoir plus sur les étrusque

-  une sélection de livres : cliquez ici 

- une video (reportage Arte)  : la derniere cité des etrusques 

Episode 1 :



Episode 2 : cliquez ici

Episode 3 : cliquer ici 

 

Actualités sur les étrusques 

Une princesse guerriere etrusque découverte en septembre 2013? 

En septembre 2013, les archéologues italiens ont découvert un tombeau intact et étanche à nécropole de la Doganaccia à Tarquinia.

A l'intérieur se trouvent deux lits funéraires sculptés dans la roche. L'un d'eux contient un squelette portant une lance. Sur un autre se trouvent les vestiges partiellement incinérés d'un autre squelette avec plusieurs bijoux et une boîte plaquée en bronze.

Voir la video de la découverte : cliquez ici 

Ce tombeau, situé dans la zone d'un tumulus renfermant une reine,  fut tout d'abord interprété comme celui d'un prince  ou aristocrate étrusque de haut rang , avec une lance et les cendres de sa défunte épouse. Ce tombeau est daté du début du VIe ​​siècle avant J.-C et a été baptisé "tombe de l'aryballos suspendu", du nom d'un vase destiné à stocker des onguents et qui a été retrouvé suspendu à un clou  depuis 2600 ans.

L'analyse des ossements vient de montrer que le prince n'en est pas un: il s'agit en fait d'une princesse
De plus, les cendres appartenaient à un homme plutôt qu'à une femme, ce qui signifie que la princesse a probablement été enterrée avec les restes de son défunt mari. Elle avait 35 à 40 ans lors de son décès.

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Ceramiques et objets précieux trouvés dans le tombeau, au pied du lit de la defunte

 

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Au pied de la defunte un plat avec des restes d'aliments du banquet funéraire, et à gauche une vasque en bronze pour se laver les mains

Bien qu'Alessandro Mandolesi, qui a dirigé l'expédition, avait émis l'hypothèse que la lance placée entre les deux corps ait pu être un "symbole d'union," d'autres sont en désaccord...

Judith Weingarten de la British School at Athens a noté que la lance a été enterré avec la femme et non pas entre la femme et l'homme. Cela porte à croire que, en fait, la femme était une guerrière. Bien que cette découverte soit exceptionnelle, ce ne serait pas étonnant lorsque l'on connait la place importante de la femme dans la société étrusque.

 

A venir une nouvelle exposition sur les étrusques au musée de Louvres- Lens 5 décembre 2013 au 10 mars 2014: "les Etrusques et la Mediterrannée" ,

La civlisation étrusques sera illustrée au travers de la cité de Cerveterri au travers toute son histoire : voir la bande annonce :

 


 

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 22:13

C'est une découverte exceptionnelle qui vient d'être faite par une équipe d'archeologues du CNRS, dans l'antique chenal reliant le Port romain de Narbonne et la mediterranée.

Le port fait l'objet de fouilles depuis 4 ans,  se trouve au lieu dit "La Nautique" près de l'étang de Bages au Sud de Narbonne.  

La ville antique de Narbonne n'a curieusement pas laissé de traces : pourtant c'était la capitale de la province Narbonnaise et la premiere colonie romaine construite  hors d'Italie  en 118 avant J.-C. (soit 60 ans avant la conquête de la Gaule "chevelue" par Jules Cesar). Elle  était décrite par les auteurs antiques comme Strabon ou Ausone  comme une ville à l'architecture époustouflante, rivalisant avec celle de Rome, et comme l'un des ports les plus importants de l'Antiquité.

Pourtant dans la ville actuelle de Narbonne, contrairement  à Nimes ou Arles, nulle trace de monuments romains , de temples, d'amphitheatre, de theatre,  ni même de mer..  Comme si  la ville antique , un symbole de Rome , avait été "rayée de la carte" de la Gaule et fait l'objet d'un méticuleux "démontage"au V ème siècle,  apres la chuie de l'empire, la région étant alors intégrée au royaume wisigoth.  

En 2007, le port antique est enfin découvert  à quelques kilomètres au sud de Narbonne : deux structures rectilignes quasi parallèles, longues de 2 kilomètres, larges de 15 mètres et espacées de 50 à 80 mètres sont découvertes."Un chenal monumental, rarement une construction romaine a atteint une telle ampleur. Plusieurs gros bateaux pouvaient y entrer en même temps, d'apres les archéologues de la DRASSM et du CRNS ."

 En fouillant  les berges de ce canal, les chercheurs mettent au jour des débris de bâtiments antiques, ayant servi à des réparations des berges du chenal . "Les Romains recyclent souvent les ruines pourconstruire d'autres ouvrages, c'est assez classique, commente l'archeologue Corinne Sanchez. Mais nous ne nous attendions pas à cela." 

En 2011, les archéologues tombent sur des bouts de colonnes de 1,50 mètre de diamètre, sur du marbre de Carrare ou des morceaux de sculptures gigantesques. Les restes du capitole de Narbonne, un édifice majeur qui, d'après les textes antiques, faisait 118 mètres de long et qui, au Ve siècle, aurait servi de palais au roi des Wisigoths. "Les réparations du chenal se sont faites par tronçons, reprend la chercheuse. Du coup, sur un même secteur de fouilles, nous n'avions les restes que d'un seul bâtiment." 

D'après les chercheurs, ce chenal, dont les berges ont servi d'aires de déchargement, a été utilisé entre le IIe et le Ve siècle après J.-C. ; il aurait donc pris le relais de Port-la-Nautique. "Ce déplacement reste inexpliqué, continue Nicolas Carayon, responsable des fouilles à Port-la-Nautique. L'abandon du site initial pourrait être lié à un problème d'envasement mais aussi à un problème politique. Il semble en effet que ce premier port ait appartenu à une personnalité richissime... peut-être gênante pour Rome." 

 

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Reconstitution des principaux vestiges reconnus à Port-la-Nautique à Narbonne. À gauche, les grands entrepôts ; à droite, le « Lac de Capelle » , un viver à poisson luxueux ayant appartenu à un puissant personnage de Narbonne .© Patrice Cervellin, GRAL/CNRS

 

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Une reconstitution de la zone de déchargement sur les berges aménagées de l'Aude, alors canalisé pour se jeter dans les étangs de Bages-Sigean. Sur ce site  près du Grand Castélou, les chercheurs ont notamment découvert un entrepôt de 7,6 m de large sur plus de 18 m de long - source CNRS 

Situé à l'embouchure du fleuve Aude, le port de Narbonne est un des plus importants de l'Antiquité. Les romains construisent dans l'étang, 2 gigantesques jetées avec des quais de déchargement, des entrepôts et une voie de halage jusqu'à Narbonne. n chantier colossal, pour lequel des milliers de chênes et de sapins sont acheminés depuis le massif central.

 

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© F3 LR Narbonne (Aude) - un bateau retrouvé lors des fouilles du port antique - septembre 2013.

 

Cet été 2013 , c'est presque par hasard qu'ils vont faire une découverte exceptionnelle : une épave de bateau dont la coque, quasiment intacte, a été conservée dans les sédiments, ainsi que sa cargaison d'amphores.
Ce bateau est un des rares exemples de navire marchand de cette époque du monde romain. 

 

 

 

 

Autre article sur le port antique de narbonne : cliquer ici

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 19:23

Une pêcherie gallo-romaine d'eau douce , datée du I er siècle de notre ère, a été découverte par L'INRAP à Pont sur Seine, au lieu dit le Gué des Han, au niveau d'un ancien bras de la Seine .

 


Agrandir le plan

 

 

Cette pêcherie, en excellent état de conservation car conservée en milieu humide, se présente sous la forme de deux palissades composée de pieux verticaux reliés les uns aux autres par un "mur" de clayonnage en osier

Le dispositif est  en forme de V ouvert à l'amont et se resserant à l'aval, dirigeant les poissons vers un système de nasses et/ou de filets par d'ingénieux dispositifs les empêchant  de s'enfuir...

Il s'agit d'une découverte rare, même s'il  existe quelques vestiges s de ce type en Gaule -Romaine, dont une sur la Saone reconstitué au musée Vivant-Denon (Chalon-Sur-Saone)  :

 

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      Pêcherie gallo-romaine  dans la Saone - maquette du musée Vivant-Denon

 

« L'intérêt de cette structure permet de mieux comprendre les techniques de prise des poissons, ainsi que la gestion de la rivière, et celle de l'environnement forestier », commente Didier Dréano, ichtyologue spécialisé dans l'étude des poissons. Elle permet éaglement de faire la lumière sur des métiers gallo-romains et la vie quotidienne des populations vivant au bord du fleuve. 

L'état du site est remarquable avec une structure complète en place qui renseigne sur la pratique de l'activité halieutique à l'époque gallo-romaine. Six nasses en osier tressé sont encore en place dans le dispositif, dont une superbement bien conservé, dans un état proche de son état d'origine et d'environ 1,50 m de long.

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La nasse en osier  découverte à Pont sur Seine dans un parfait état de conservation (photo Canal 32)

 

« La datation du site, contemporain du Ier siècle après notre ère, a été rendue possible par la découverte sur place de plusieurs éléments de céramique » déclare Didier Dréano. Le chantier s'achèvera dans une semaine ou deux. 

Voir la video des fouilles sur Canal 32 présentant l'ensemble des découvertes : cliquez ici

Sousse museum peche-aphrodite-f4e25-copie-2

Scène de pecherie romaine : au bout du piège en V,  des Amours dans une barque capturent des poissons dans un filet, pendant q'uun autre à droite pêche à la ligne , sous les yeux d'Aphrodite - Peinture du III ème siècle - Musée de Sousse - Tunisie (photo A.Stephan)

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 21:51

Trois documentaires récents qui détaillent les derniers instants de Pompeï  et d'Herculanum , riches villes romaines détruites en 79 après JC par une éruption du Vésuve et ensevelie sous les cendres volcaniques:

 

1- L'éruption du Vésuve en 79 apres JC

L'éruption vue de  Pompei, telles que décrite dans les lettres de Pline le Jeune à Tacite et qui s'est déroulée en plusieurs phases , qui illustre la violence de la destruction de la ville reconstituée en image de synthèse :

 

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2- Les civilisations disparues : Herculanum ( France 5) 

La  cité  d'Herculanum a été littéralement "carbonisée" par une nuée ardente du Vésuve, dont le souffle chaud a atteint les 500 ° C dans la ville, ne laissant aucune chance aux habitants , mais ayant permis une excellente conservation archéologiques par calcination de matériaux fragiles comme le bois, aliments, cuirs, cordes, rouleaux de papyrus... ...

La cité antique été redécouverte grâce à la campagne de fouilles lancée par Charles III de Bourbon, en 1738. Le roi de Naples souhaitait enrichir les collections royales et faire ainsi étalage de sa grande puissance. Les premiers fouilleurs étaient à la recherche d'œuvres d'art et de marbre, détruisant des trésors archéologiques " sans intérêt".

Avec Pompéi, Herculanum fait partie des premières pages de l'archéologie moderne, mais les archéologues continuent à faire de belles découvertes présentés dans ce documentaire et à mieux comprendre la vie quotidienne de ses habitants .

 



 

 

3- La cité disparue de Pompeï et l'histoire des derniers survivants

Ces deux documentaires alternent interviews de scientifiques et reconstitution des scènes des derniers jours de Pompeï et des ses habitants.

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 15:58

Lors d'une étude en 2013 d'ossements au rayon X issus d'une tombe d'un soldat antique découverte vers 1980 dans la ville de Serres dans le Nord de  la Grece , le professeur Anagnostis Agelarakis, anthropologue  à l'Université Adelphi -USA, a fait une découverte assez exceptionnelle.

Ce vétéran avait une pointe de fleche encore fichée dans le bras, mais a survécu plusieurs dizaines d'années, jusqu'à l'age de 60 ans environ. La tombe se trouvait en Macedoine antique, sous le règne de Philippe II, père d'Alexandre le Grand, dont la capitale se trouvait à Pella (Vergina actuelle) .

Pella.jpg

Localisation de la tombe du soldat grec ou macedonien

 

S'agit-il d'un vétéran macedonien, ayant combattu aux côtés de Philippe II contre les autres cités grecques , ou au contraire, un vieux soldat issu d'une cité grecque soumise, venu finir ses jours en Macedoine dans le nouveau royaume macedonien étendu à toute la Grece en 336 avant JC ? Aucun des indices découverts avec la tombe ne permet de l'affirmer.

 

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Phalangite macedonien de l'armée de Philippe II : Pezhetairoi ou "Compagnon à pied" - Dessin Jonnhy Shumate avec son aimable autorisation

La pointe de flèche en bronze dotée de barbelure, s'est fichée dans son avant bras gauche, dans l'os du cubitus, générant une excroisssance osseuse: avait il cherché à se protéger avec son bouclier, tenu habituellement par l'avant bras gauche dans les armées grecques et macédoniennes , que la flèche aurait transpercé?

 

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Détail de l'os de l'avant -bras avec la point de flèche en bronze fichée photo North Shore-LIJ.

      fleche_thessaloniki-copie-1.jpg

Pointes de fleches macedonniennes, issue de la maison 49 d'Olynthos, ville que Philippe II a assiégé en 348 avant JC, lors de la guerre contre la ligue de Chalcidique. La pointe centrale à barbelure porte l'inscription " de Philippe".

 

Quoiqu'il en soit, ce blessé à fait  rapidement l'objet de soins médicaux , ce qui a permis d'éviter l'infection. L'examen du cubitus montre que les tentatives de retrait de la pointe de fleche ont échoué, et que le pauvre soldat a vécu toute sa vie avec cette pointe de fleche fiché dans le bras , ce qui devait être plutot douloureux : cela a dut etre définitivement handicapant et l'a rendu inapte au combat.

 

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Céramique de la période classique :  Achille soigne Patrocle d'une blessure à l'avant bras lors de la Guerre de Troie- Peinture de Sosias - environ 500 avant JC - Berlin Museum .

Ce type de découverte est plutot exceptionnel en archéologie : s'il arrive de trouver , dans les tombes,  des pointes de fleches fichées dans les os (notamment dans les vertèbres, et ce depuis le Neolithique) , ces dernieres ont généralement entrainé la mort de la victime.

Ici, la blessure n'a pas été fatale et a été suffisamment bien soignée pour permettre à l'individu de finir tranquillement ses jours jusqu'à un âge d'un soixantaine d'années, age tres respectable pour l'époque : cette découverte nous offre un cliché à la fois des rudes conditions de vie des soldats grecs et macedoniens, mais aussi de la qualité des soins qui pouvaient leur être prodigué sur le champ de bataille.

Philippe II a lui-même subit de graves blessures lors de campagne, il était devenu boiteux suite à une grave blessure à la jambe, et avait perdu son oeil droit par une blessure de fleche.  Alexandre Le Grand a également  subit plusieurs blessures sérieuses lors de ses campagnes ,  dont il s'est remis grâce à des soins de bonne qualité, malgré les risques infectieux élevés à cette époque. Ptolémée (repris dans l'Anabase d'Arrien) décrit ainsi une des plus graves blessures du conquerant, lors de l'attaque de la capitale des Malles, aux confins de l'Inde : « Alexandre fut atteint d’une flèche qui pénétra la cuirasse et traversa la poitrine au-dessus du sein, de sorte que, comme le dit Ptolémée, à chaque expiration, il sortait en même temps de la blessure de l’air et du sang » (Arrien VI, 10, 1)

Les anthropogues ont également tenté de reconstituer l'allure ce de vétéran , à partir de son crâne :

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Reconstitution du visage du vétéran de l'armée grecique ou macedonienne . Dessin de Argie Agelaraki

 

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 18:32

Pour les journées nationales de l'archéologie, ce samedi 8 juin à 20 H50, Arte et le célèbre réalisateur Jean jacques Beneix ( réalisateur de nombreux films comme 37,2 ° le matin ou diva, mais aussi de plusieurs documentaires) , nous offrent un nouveau regard sur les gaulois , à la lumière des découvertes archéologiques les plus récentes : les Gaulois, au delà du mythe ".

Voir un extrait video du début du documentaire :

 

 

Primitifs ? Querelleurs ? Moustachus ? Non ! Avec Jean-Jacques Beineix, les Gaulois regagnent leurs titres de noblesse, ceux d’une civilisation qui n’a rien à envier à ses voisins de l’Antiquité.

Dans un documentaire très complet, il donne la parole aux archéologues qui renouvellent notre perception des Gaulois.

 Dès le premier plan, un travelling autour la statue de Vercingétorix à Alésia, le réalisateur Jean-Jacques Beineix plonge au cœur du quiproquo fondamental qui entoure notre vision des Gaulois. Celle d’un peuple des origines, courageux et insoumis, mais primitif. Sous la moustache épaisse de la statue, on reconnaît en effet les traits de son commanditaire, Napoléon III, soucieux d’incarner le prolongement moderne de ce héros national des premiers âges. Sauf que la Gaule n’était en rien un pays, que Vercingétorix était glabre et que les Gaulois n’étaient pas ces barbares que se plaisaient à caricaturer leurs voisins grecs et romains.

Beineix fait le portrait de leur réhabilitation, emboîtant le pas aux archéologues et aux nombreux spécialistes qui font parler os, pollens et graines laissés derrière elles par les populations gauloises. Ni chasseurs de sangliers ni coupeurs de gui, ces derniers ne vivaient pas dans des forêts, qu’ils avaient intensément défrichées pour laisser place aux champs. Agriculteurs, éleveurs, métallurgistes hors pair, ils se livraient même à des esquisses d’industrie, révélées par des recherches récentes : des tranchées de plusieurs kilomètres pour extraire l’or avec des techniques sophistiquées, des exploitations de sel qui génèrent des millions de mètres cubes de déchets de poterie en Lorraine, etc.

Et s’ils n’ont guère laissé de textes, privilégiant la tradition orale, si leurs bâtiments étaient faits de bois dont ne subsistent que des empreintes dans le sol, les vestiges de leurs sanctuaires imposants sont là pour témoigner du raffinement de leurs cultes.

Mais comme l’a bien décelé le réalisateur de 37°2 le matin, cette réhabilitation a son envers : celui de vouloir à toute force faire des Gaulois une sorte d’égal des Romains. Au risque de masquer ce qui fait leur spécificité, comme se le demande l’un des chercheurs à la fin du documentaire.

Inlassablement, les archéologues reviennent donc à l’objet de leur fascination, à cette « part de fiction » irréductible dans notre vision des Gaulois. Elle se nourrit des non-dits de l’écriture de César, très laconique dans la Guerre des Gaules, et des traces archéologiques, souvent ambiguës. Sous le discours scientifique, l’imaginaire affleure. Ce que résume René Char, dans une citation à l’issue du documentaire : « Un poète doit laisser des traces de son passage et non des preuves. Seules les traces font rêver. »

 Pour ceux qui l'aurait manqué, voir le reportage complet en replay :

 

 

 

Dans le même esprit , ARTE nous propose dans la foulée une serie documentaire de très belle facture , toujours sur la thématique des gaulois, en partenariat avec l'INRAP : il s'agit de la série "Sur nos traces" consacrées au Gaulois.

Voir le résumé en image video de 6 mn  de cette serie en 5 episodes :

 

10/06 à 17h45 : "Le guerrier gaulois" : Les guerriers gaulois, on a tous l’impression de bien les connaître. On les imagine bagarreurs, irascibles, désordonnés…mais les dernières découvertes archéologiques nous en dépeignent une toute autre image. Les Gaulois étaient en fait de redoutables combattants, craints tout autour du bassin méditerranéen. Et, contrairement à tous les clichés, ces combattants étaient très raffinés.

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Le cavalier gaulois:  un aristocrate  en arme (Ier siècle avant JC - dessin Jonnhy Shumate avec son aimable autorisation)


11/06 à 17 h45: "La famille gauloise" : Les Gaulois vivaient-ils dans des petits villages de huttes rondes perdus au milieu des bois ? L’archéologie aérienne puis les fouilles extensives menées préalablement à la construction des autoroutes et des lignes à grandes vitesses ont récemment montré qu’au contraire l’occupation du territoire était dense : une ferme tous les 500 à 1 000 m en moyenne. La ferme était au cœur de la vie de la famille gauloise, la cellule de base de la société. De nombreuses activités domestiques rythmaient son quotidien : culture, élevage, tissage… 


12/06 à 17 h 45 : "Le druide gaulois" : Il est un personnage qui intrigue particulièrement dans la société gauloise. Cible des fantasmes les plus ésotériques, la légende lui prête des pouvoirs et des connaissances presque surnaturels. Ce personnage, c’est le druide. Peu de textes nous renseignent clairement sur son rôle, mais l’archéologie, depuis trente ans, lève peu à peu le voile sur cette figure gauloise. Les dernières fouilles nous permettent de dresser le portrait d’un homme omnipotent car omniscient. Il concentre en effet des compétences religieuses, politiques et judiciaires, grâce à ses vastes connaissances. Astronome, mathématicien, philosophe ou encore botaniste, le druide est le savant de la société gauloise


13/06 à 17 h45: "Le forgeron gaulois" : L’âge du fer ça vous dit quelque chose ? C’est ainsi que l’histoire dénomme la période gauloise car les Gaulois ont été les premiers à dompter le fer. Ils étaient des experts de la métallurgie, une maîtrise qui leur a permis de réaliser de grandes avancées technologiques. Armuriers hors pairs, ils ont conçu toute une gamme d’armes « nouvelle génération ». Les forgerons ont réussi également à  créer toute une panoplie d’outils qui vont révolutionner la vie de tous les jours des Gaulois. Mais ce n’est pas tout, ces artisans avaient également de réels talents d’artistes

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Le forgeron du village gaulois de Saint Julien  (31), village qui a servi de lieu de tournage au reportage précédent de JJ Beneix


14/06 à 17 h45 : "Le banquet gaulois" :Le repas de fête français classé au patrimoine mondial de l’Unesco ? Une histoire d’amour entre les Français et leur table qui remonte au temps des Gaulois !  Le banquet gaulois est codifié et ritualisé : placement des convives selon leur rang, choix des mets, des boissons et des accessoires, rien n’est laissé au hasard. Il clôt les cérémonies religieuses, les assemblées guerrières ou politiques, et sert également à rendre un dernier hommage aux défunts.

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