6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 19:54
Vient de paraitre : La guerre romaine. 58 avant J.-C.-235 après J.-C

Yann le Bohec, professeur à la Sorbonne, spécialiste de l'histoire militaire romaine nous propose son dernier ouvrage consacrée à la guerre romaine, durant le Haut Empire :

La guerre romaine. 58 avant J.-C.-235 après J.-C -448 pages, aux Editions du Talandier .

L'armée romaine a été l'armée la plus efficace non seulement de l'Antiquité mais encore de toute l'histoire. En cinq siècles elle a conquis un empire immense ; elle a su le garder pendant cinq autres siècles ; et, après sa disparition, elle n'a laissé que des regrets. Pourquoi et comment, les réponses se trouvent dans ce livre.

Sait-on que Rome, qui a tant fait la guerre, ne rêvait que de paix ? Les Romains avaient mis en place de nombreux garde-fous religieux et juridiques pour éviter la confrontation armée : la littérature actuellement disponible l'ignore. Mais, une fois engagée sur le chemin de la guerre, Rome ne concevait pas de s'arrêter sinon sur une victoire claire et nette. Sait-on aussi que les Romains ont inventé la logistique, le génie militaire, la médecine militaire et le « deuxième plus vieux métier du monde », le renseignement ?

Ils ont pratiqué toutes les formes de combat, la bataille en rase campagne, le siège, et aussi la gesticulation, le combat en milieu urbain et en montagne, la bataille de nuit et la contre-guérilla (sur un modèle ressuscité vingt siècles plus tard par David Galula) ; et n'oublions pas le combat naval. Ils ont même inventé la guerre biologique et chimique.

Et ils ont eu une stratégie ; une « petite stratégie », certes, mais une vraie stratégie. Et, fait étonnant, cette armée exemplaire a nourri en son sein des déserteurs et des traîtres ! L'auteur donne ici la synthèse de quarante années de recherches sur l'armée romaine. Il a déjà consacré plusieurs ouvrages majeurs à ce thème (L'Armée romaine sous le Haut-Empire, L'Armée romaine dans la tourmente, etc.) et pourtant, il apporte encore avec ce livre, beaucoup d'éléments jusqu'ici mal connus, ignorés, voire inédits.

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 17:50
Le Lion d'Amphipolis, vestige d'un monument funeraire d'un personnage macedonien important
Le Lion d'Amphipolis, vestige d'un monument funeraire d'un personnage macedonien important

C'est un suspense pour tous les passionnés d'archéologie qui dure depuis 2 ans et qui est sur le point d'être levé dans les prochains jours.

En 2012 était en effet découvert, nom loin de la célèbre statue du lion d'Amphipolis, un tombeau macédonien gigantesque, sous la forme d'un tertre circulaire de 497 de diamètres de plus d’une dizaine de mètre de haut, entouré d'un mur construit en marbre de Thasos. Faute de crédits , les fouilles ont été retardées mais on pu reprendre cette année et s'attire depuis l'attention de tous les médias du monde...

Vue aérienne du tertre découvert à Amphipolis entouré d'un mur de marbre de 400 m de diamètre

Vue aérienne du tertre découvert à Amphipolis entouré d'un mur de marbre de 400 m de diamètre

Découverte archéologique : sur les traces des proches d'Alexandre le Grand à Amphipolis

Datant entre 325 et 300 avant JC , soit juste après la mort d'Alexandre le Grand ,ce tombeau renferme probablement la sépulture d'un puissant macédonien ou d'une ou plusieurs personnes de l’entourage proche de la famille royale.

Alexandre est mort à Babylone en 323 avant JC, et son corps a été enterré à Alexandrie en Egypte, Sa tombe n'a toutefois jamais été retrouvée, mais sa présence y est attestée par de nombreux témoignages antiques.

Sous le règne d'Alexandre le Grand, Amphipolis , est une ville et une base navale importante ; trois de ses célèbres amiraux et compagnons (hétaïroï) se sont installés à Amphipolis : Néarque , Androsthène, et Laomédon.

A la mort du Conquérant , son épouse Roxane , princesse de Bactriane (actuel nord Afghanistan) , mariée après la conquête de la forteresse de son père, et leur jeune fils posthume Alexandre Aigos (Alexandre IV de Macédoine) , viennent s’installer à Amphipolis.

Intrigante et complotant avec Olympias , mère d’Alexandre, dans une guerre de succession fratricide, la guerre des Diadoques, les deux femmes et le jeune héritier sont assiégés à Pydna par le général Cassandre de Macedoine . Contraints de se rendre, Olympias sera lapidée immédiatement en 317 avant JC et Roxane et son fils enfermés à Amphipolis puis assassinés en 310 avant JC.

Découverte archéologique : sur les traces des proches d'Alexandre le Grand à Amphipolis

Lors de la campagne de fouille 2014, l'entrée du tombeau a été découverte, au bout d'une voie empierrée de 4,5 m de large . Gardiens de l'éternité, deux sphinx en vis- à-vis garde l'entrée de la tombe, soutenue par des colonnes ioniennes ornées et nous offrant des décors en peintures en cours de dégagement (ci dessous clichés pris le 2 3/08/2014)

Amphipolis : l'entrée du tombeau en cours de  dégagement, surmontée de deux Sphynx

Amphipolis : l'entrée du tombeau en cours de dégagement, surmontée de deux Sphynx

Découverte archéologique : sur les traces des proches d'Alexandre le Grand à Amphipolis
Découverte archéologique : sur les traces des proches d'Alexandre le Grand à Amphipolis
Mosaïque losangique découverte à l'entrée du tombeau

Mosaïque losangique découverte à l'entrée du tombeau

Deux Caryatides soutenant un linteau de pierre découvert début septembre 2014

Deux Caryatides soutenant un linteau de pierre découvert début septembre 2014

Amphipolis : l'entrée du tombeau et le positionnement des différents clichés ci-dessus

Amphipolis : l'entrée du tombeau et le positionnement des différents clichés ci-dessus

Reconstitution hypothétique du tertre découvert en 2012, surmonté du lion découvert en 1912
Reconstitution hypothétique du tertre découvert en 2012, surmonté du lion découvert en 1912

Les archéologues se prêtent à rêver du tombeau de Roxane et du fils d'Alexandre le Grand, voire d'Olympias ou des compagnons du roi des roi, célèbres amiraux. Le nom du célébre amiral Néarque ayant accompagné Alexandre le Granc jusqu'en Inde est notamment avancé par les archéologues. La statue du lion d 'Amphipolis, elle aussi datée de fin du IV ème siècle avant JC, fut découverte en 1912 dans un cours d'eau en contre bas du site . Elle dominait peut être le sommet du tertre du tombeau .

Si la tombe découverte n'a pas été pillée (mais cela n'est pas exclu notamment à l'époque romaine), nous devrions connaitre ces prochains jours le nom du ou des illustres macédoniens qui ont été inhumés dans ce tombeau hors norme .

A suivre donc prochainement !

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 06:58
Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

C'est une incroyable découverte qui vient d'être été réalisée par l'INRAP lors de fouilles préventives, à Pont Saint -Maxence (Oise) , à un endroit où le passé gallo-romain est mal connu et n'avait laissé jusqu'à lors que peu de témoignage :

Il s'agit d'un sanctuaire gallo-romain, de la seconde moitié du IIe siècle après Jésus-Christ.

Il est implanté sur des vestiges gaulois, est situé le la voie antique qui reliait deux riches cités gallo-romaines entre Senlis (Augustomagus) et Beauvais (Bellovacum).

© Denis Gliksman/Inrap

Le sanctuaire pour une divinité inconnue

Ce sanctuaire, protégé une enceinte de 70 m x 105 m, possède deux petits pavillons à l’arrière, dont seules les fondations sont conservées. Au centre, la Cella, puissante plateforme maçonnée, est accessible par un escalier en façade. Elle constitue le cœur du sanctuaire où était érigée la statue d’une divinité.

Pour quel dieu ou déesse un tel monument a été construit? Les archéologues n’ont pas encore les réponses. Des inscriptions de bronze qui l’ornaient, seule la barre d’une lettre a subsisté, muette.

Une façade monumentale aux riches décors sculptés et peints

L’entrée du sanctuaire se faisait par une façade monumentale , véritable défi architectural de près de 10 m de haut sur 70 m de long, dimensions exceptionnelles en Gaule romaine. Cette façade était percée d’une série de 13 à 17 arcades, surmontées d’un entablement à frise d'attique.

Cette façade monumentale devait être un magnifique panthéon du monde antique, si on en juge par la richesse de ses décors et des statues préservées, représentées de nombreuses divinités et scènes mythologiques, sans équivalent en Gaule romaine.

Des conditions de conservations exceptionnelles de toute la statuaire, liée à un effondrement de l'édifice quelques années après sa construction, en font un site antique rural exceptionnel. A la fin de l'Empire, la plupart des monuments publics et notamment religieux ont en effet été détruits et les pierres réutilisées dans d'autres monuments ou brûlées dans des fours à chaux .

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Reconstitution de la façade à arcades de 70 m de long pour 10 mètres de hauteur -© Christophe Gaston/Inrap

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

© Denis Gliksman/Inrap

A première vue un chaos de pierre, en réalité une façade monumentale effondrée avec toute sa statuaire de divinités grecques et romaines, de créatures mythologiques (griffons meduses...), d'une profusion de décors végétaux, méandres à grecque,canthares, personnages sur culots d’acanthe...

...

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Tête de méduse à visage d'écailles © Denis Gliksman/Inrap

Venus, Apollon, Diane, Jupiter: la statuaire du panthéon grec et romain

La haute qualité technique de la statuaire, la présence de scènes mythologiques rarement figurées, laisse penser que des artistes de de Rome ou de Grèce, ont œuvré ici.

Au sommet de la façade, un des éléments les plus remarquables est un décor de têtes monumentales (3 fois grandeur nature) aux chevelures complexes, et dont les yeux étaient à l’origine incrustés de pierres colorées. Parmi elles, une tête de Jupiter-Ammon aux cornes de bélier. D’autres dieux et déesses, encore indéterminés, alternent avec des griffons assis aux ailes déployées. De nombreux fragments représentent des attributs divins (paon de Junon, carquois et arc de Diane…) ou des visages de dieux (Vulcain ou Ulysse, Hadès, ...).

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Reconstitution de la statuaire de la façade monumentale © Christophe Gaston/Inrap

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Des traces de peinture sont encore visibles : le rouge cinabre côtoyait le vert et le jaune qui réhaussaient encore l’éclat de l’édifice et des statues.© Denis Gliksman/Inrap.

Ces chefs d'oeuvre respectent les canons de la statuaire hellenistique, avec une technique qui semble encore plus relevée que celle observée sur le temple de Champlieu, distant de 40 km.

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Au sein de l'entablement de la façade, une rare scène mythologique méconnue, racontée par Homère, dans l'Odyssée est représentée par une Vénus accroupie est associée à une tête de vieille femme, très expressive. Cette sculpture rappelle que Vénus, épouse de Vulcain , eut une aventure amoureuse avec le dieu Mars. Après cet écart de conduite, Venus se retira dansles bois. Une vieille dame apprit aux dieux, qui la recherchaient, le lieu de sa retraite. Pour la punir, Vénus la métamorphosa en rocher.

Rare scène mythologique décrite dans l'Odyssée: Venus accroupie et la vieille dame, changée en pierre par la déesse après qu'elle l'eut dénoncée aux dieux.© Denis Gliksman/Inrap

« A la fin du règne d’Antonin, on est à l’apogée de l’Empire », rappelle Véronique Brunet-Gaston, de 'lINRAP responsable du chantier de fouilles. En cette période de Pax Romana particulièrement prospère , de riches propriétaires gallo-romain ont-ils voulu marquer leur dévotion envers le panthéon gréco-romain en élevant un monument en leur honneur ?

Est-ce une manifestation d’évergétisme, cette tradition conduisant les puissants à bâtir pour l’édification de la collectivité ? « Il y a une sorte d’hubris à voir, ici, un monument qui aurait aussi bien eu sa place à Rome », note l’archéologue (dans la moral grecque antique, l'hubris est une sorte de "pêché" de démesure ). .

Malgré la chute de la façade quelques années après sa construction probablement pour des raisons liées au sous-sol, au poids de la structure et de ses fondation, le sanctuaire continuera à être utilisé jusqu'au IV eme siècle.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 20:47
Vient de paraitre : Tarquin le superbe : Roi maudit des Etrusques, dernier roi de Rome

Vient de paraitre aux éditions Payot : "Tarquin le superbe : Roi maudit des Etrusques" de Thierrey Camous.

C'est sous la coupe d'une femme, sa belle-sœur Tullia, que Tarquin le Superbe (534-495 av. J.-C.), fils du roi étrusque Tarquin l'Ancien, entre en scène dans l'Histoire.

La créature machiavélique le pousse à l'épouser avant de l'obliger à tuer son père, Servius Tullius, et à prendre sa place sur le trône de Rome.

Le dernier roi de Rome devient ainsi le maître d'un empire naissant, qu'il impose par la force dans tout le Latium en installant ses proches à la tête des cités vaincues, et l'architecte de la grandeur monumentale d'une ville devenue capitale.

Partisan d'un pouvoir despotique, il gouverne par la terreur et épuise les finances de l'Vrbs. Le suicide de Lucrèce, une noble Romaine violée par son fils aîné, Sextus Tarquin, cause sa chute : l'orgueilleux roi et sa famille sont chassés de Rome, incitant les sénateurs à renoncer à la monarchie pour choisir la République.

Sous la plume de Tite-Live et de Denys d'Halicarnasse, le plus puissant et le plus flamboyant de tous les rois de Rome passe alors à la postérité comme l'archétype parfait du tyran sans scrupule.

Par ses actions, ce roi maudit et honni, victime d'une légende noire, est pourtant à l'origine de la puissance d'un Empire romain qui devait bientôt déborder les frontières du Latium, puis de l'Italie elle-même, jusqu'à embrasser la Méditerranée tout entière.

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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 22:28
Découverte archéologique exceptionnelle au fond d'un puits : un chariot romain du III ème siècle à  Châteaumeillant (Cher)

L'oppidum gaulois de Chateaumeillant - Mediolanum, vestige de la guerre des Gaules

L'oppidum gaulois de Chateaumeillant (Cher) , cité dans la table de Peutinger sous le nom de Mediolanum fait l'objet de fouilles archéologiques depuis 2001 dirigées par Sophie Krausz de l'université de Bordeaux 3 .

Cet oppidum, fondé au II ème siècle avant JC, faisait partie du territoire (civitas) des Bituriges Cubes, dont la capitale était Avaricum (Bourges). Son nom, Mediolanum Biturigum , vient du gaulois Mediolanon "centre du territoire".

Dès le IIème siècle , l'élite gauloise de cette forteresse a très vite commercé avec l'Italie, comme en témoignent les centaines d'amphores de vins greco-italiques découvertes sur le site dès le XIXème siècle . Mediolanum pourrait avoir rempli la fonction de comptoir commercial, sorte de plaque tournante du commerce du vin au centre de la Gaule, ainsi que celle de sanctuaire, où se pratiquaient les cérémonies rituelles du banquet nécessitant de grandes quantités de vins.

Le site a connu deux incendies, un vers -100 avant JC, l'autre au milieu du Ier siècle avant JC. Ce dernier événement, attesté par l'archéologie, pourrait correspondre à la mention par Jules Cesar, dans la "Guerre des Gaules", de l'incendie de 20 villes bituriges. Ces incendies avait été ordonnés en 52 avant JC par Vercingetorix, selon sa stratégie de la "terre brûlée", et étaient destinés à affamer les troupes romaines. Cette stratégie pris fin lors du terrible siège d'Avaricum , où après une défense acharnée , la plupart de ses habitants (40 000) furent massacrés.

Après la guerre, le site de Mediolanum ne connut pas d'expansion urbaine, mais continua à être fréquenté par les gallo-romains, comme en atteste la présence d'un atelier de potier à l'époque Tibérienne au début Ier siècle de notre ère, ou d'un sanctuaire composé de puits rituels à offrandes.

Parmi ces puits, un exceptionnel ensemble découvert en juillet 2012, mais présenté au public très récemment, qui contenait des milliers d'objets, dont des centaines d'objets en bois, fer, bronze.

Amphores italiques du IIe siècle avant JC de l'oppidum de Mediolanum - Musée Émile Chénon

Amphores italiques du IIe siècle avant JC de l'oppidum de Mediolanum - Musée Émile Chénon

Découverte archéologique exceptionnelle au fond d'un puits : un chariot romain du III ème siècle à  Châteaumeillant (Cher)

Des découvertes exceptionnelles au fond d'un puits à offrandes

De magnifiques objets ont été jetés par les gallo-romains au fond du puits. La plupart des objets étaient d'une très grande valeur pour l’époque. Parmi les objets les plus remarquables, on peut citer des objets datés du III ème siècle de notre ère comme "une cruche à fond plat et bec tréflé, une serrure en tôle de bronze ornée du visage d'Hercule aux yeux d'argent, un cheval à bec verseur, et le lion en bronze massif qui constitue la pièce maîtresse de la série », s'émeut Sophie Krausz, en ajoutant :« C'est la première fois que l'on trouve des objets de ce type. Il n'y a aucune comparaison possible en France ni même en Europe ».

Et, chose étrange, ils pourraient rappeler un acte rituel de l'époque gallo-romaine, selon l'archéologue et historien Gérard Coulon, ex-conservateur en chef du musée d'Argentomagus. Les puits pouvant permettre de rentrer en communication avec les dieux souterrains (divinités chtoniennes) , il ne serait pas impossible que les personnes aient agi de la sorte pour accomplir des voeux ou pratiquer de la magie noire. D'ailleurs, les petites tablettes en plomb, également retrouvées, confirmeraient cette hypothèse puisque celles-ci étaient d'ordinaire utilisées pour jeter des sorts ou se prémunir de maléfices. »

Magnifique lion en bronze du IIIème siècle, aux yeux incrustés d'argent  trouvé dans le puits,  photo JG Gaubert

Magnifique lion en bronze du IIIème siècle, aux yeux incrustés d'argent trouvé dans le puits, photo JG Gaubert

Découverte archéologique exceptionnelle au fond d'un puits : un chariot romain du III ème siècle à  Châteaumeillant (Cher)

Un chariot romain entier offert aux divinités souterraines

Encore plus incroyable en Gaule, il semble qu'un chariot entier datant également du IIIème siècle, découpé en morceaux , ait été précipité au fond du puits . Le puits a en effet livré près de 200 objets ferreux représentant une masse cumulée d’environ 100 kg.

Sujet de recherche pour une étudiante de l’Université de Nantes et en cours de restauration au laboratoire Arc'antique, cet ensemble constitue les pièces d’un chariot du IIIe siècle.

Ci-contre la reconstitution d'un chariot romain de transport des voyageurs au musée de Cologne.

En dehors du char romain de Saintes, retrouver l'ensemble d'un véhicule romain de transport est un évènement unique en Gaule. L’étude se poursuit sur les fragments de bois recueillis qui pourraient en constituer la caisse… En attendant de pouvoir admirer toutes ces pièces et le chariotaprès restauration au musée de site Emile Chénon!

Pièces métalliques du chariot de Mediolanum - photo laboratoire Arc'Antique

Pièces métalliques du chariot de Mediolanum - photo laboratoire Arc'Antique

Stèle romaine d'un chariot- citerne de transport -Province de Pannonie - Rhetie ( Autriche)

Stèle romaine d'un chariot- citerne de transport -Province de Pannonie - Rhetie ( Autriche)

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 16:03

Il s'agit d'un spectacle audiovisuel (source INRAP - universciences) qui raconte la vie gauloise , avant la conquête romaine vers 70 avant JC, chez les Eduens (actuelle Bourgogne), peuple allié de Rome.

Il s'agit d'une scénarisation originale et pleine d'humour, mais ce spectacle présente une synthèse sur l'essentiel des savoirs actuels sur les sociétés gauloise et leur rapport avec Rome, avant sa conquête par Jules César

Il a été diffusé lors de l'exposition "Gaulois, une exposition renversante" à la Cité des Sciences et de l'Industrie en 2001 et 20012.

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 21:40

Une école de gladiature, ludus gladiatorius,détectée en 2011 aux environs de Vienne (Autriche dans la ville romaine de Carnuntum, a été virtuellement reconstituée en 2 D et 3D par une équipe d’archéologues autrichiens, allemands et belges : il viennent  de publier leur résultat dans la revue scientifique "Antiquity" .

 

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Reconstitutions de combats de gladiateurs par Acta au theatre antique d'Orange (photo JL Zimmerman

La caserne de Gladiateurs de Carnutum

En 2011, une équipe de chercheurs de l’Institut Ludwig Boltzmann pour la Prospection Archéologique et l’Archéologie Virtuelle (LBI-ArchPro), a annoncé la découverte d’un bâtiment exceptionnel sur le site romain de Carnuntum (actuelle ville de Petronell-Carnutum en Basse-Autriche), à quelques dizaines de kilomètres de Vienne. 

Le bâtiment a été détecté grâce à des photographies aériennes puis prospecté finement au radar, sans mettre en oeuvre de fouilles.

Ce bâtiment  est situé à l’ouest du deuxième amphithéâtre de la ville antique de Carnuntum. Cet  amphithéâtre, fouillé entre 1923 et 1930, était l’un des quatre plus vastes amphithéâtres de l’Empire romain et pouvait accueillir jusqu'à 13 000 spectateurs. Il était essentiellement utilisé pour les spectacles de gladiatures et diverses assemblées. Un premier amphitheatre , pouvant accueillir 8 000 personnes,  avait été construit à proximité du camp légionnaire, pour distraire les militaires, comme cela était le cas dans toutes les garnisons romaines.
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Amphitheatre II de Carnunutum, qui pouvait accueillir jusqu'à 13 000 habitants (Friesinger, H. & Krinzinger, F. 1997. Les limes romain en Autriche. Académie des sciences, 1997)

 

Les reconnaissances radars sur le batiment ont confirmé la présence d’un complexe de 2 800 m2, entourés d’une parcelle de 11 000 m2 et délimité par un mur. L’école est constituée de plusieurs bâtiments disposés autour d’une cour intérieure comprenant une arène d’un diamètre de 19m2.

La configuration du batiment et la presence de cette petite arène , a proximité de l'amphitheatre,  ne laisse planer aucun doute : il s'agit d'un ludus gladiatorius, caserne de gladiateurs où logeaient et s'entrainaient les athlètes combattants. 

 

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Plan des vestiges en 2D du ludus de Carnuntum , interprété à partir des données radar - copyright LBI ArchPro

Il y avait également des thermes, un espace réservé au propriétaire du ludus (laniste)  et un bâtiment administratif de 300 m2.

Les gladiateurs, quant à eux, était logés dans des cellules individuelles de 5m2. Les images permettent également de repérer les conduites d'eau, les égouts et le système de chauffage par le sol. Selon les archéologues le cimetière des gladiateurs serait situé à proximité du complexe. 

 

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Interprétation en 3 D des données radar du site du ludus  - coyright LBI ArchPro


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Reconstitutions 3 D de la caserne des gladiateurs de Carnutum - copyright M.Klein / 7reasons

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Même si l'empire romain a  compté plus d'une centaines d'école de gladiatures,  seules trois, dont celles ci, ont été découvertes et étudiées : la seule école de gladiature comparable, de grandes dimensions avec une arène d'entrainement est le ludus magnus à Rome près du Colisée , où séjournaient l'élite de la gladiature. L'autre ludus mis au jour et étudié , celui de Pompei, ne comporte pas d'arene d'entrainement. Il s'agit donc à Carnutum d'une découverte exceptionelle et préservée par l'utlisation de techniques achéologiques innovantes non destructives .

 

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Les vestiges du Ludus Magnus de Rome -au premier plan des cellules de gladiateurs - près du Colisée


La video ci-dessous presente le ludus de Carnutum reconstitué en 3D :

 

 

La vie quotidienne des gladiateurs dans leur caserne

En l'absence de fouilles archéologiques sur le site, seule la comparaison avec les deux autres site étudiés et les auteurs antiques nous éclairent sur la dure vie quotidienne des gladiateurs. 

La caserne de Carnutum pouvait héberger jusqu'à 50 -60 gladiateurs dans les cellules individuelles de 5 m². Si les esclaves et condamnés (les damnati) étaient enfermés dans cette caserne, les hommes libres entrés volontairement en gladiature  (les auctorati) pouvaient en sortir et avaient souvent un logement à l'exterieur de la caserne . 

Les armes offensives étaient  stockées en lieu sûr, hors de portée des gladiateurs, mais le ludus de Pompei montre que des cellules vides pouvaient toutefois servir à stocker les équipements défensifs des différentes armaturae (casques , boucliers, protections....).

Dans les cellules, les hommes dormaient probalement sur de simples paillasses à même le sol, en l'absence de traces de literies. Les gladiateurs pouvaient avoir des femmes ou des concubines, souvent de conditions modestes, nommées péjorativement ludia (filles du ludus)

Le laniste emploie également du personnel pour s'occuper du bien être des gladiateurs:  pour les soigner , les nourrir, les entrainer, réparer ou ajuster leur équipement ... Les textes antiques et découvertes archéologiques montrent que la nourriture des gladiateurs est dominée par les céréales et legumineuses (notamment orge, fèves, fruits secs...), et la viande occasionnelle. 

Une discipline de fer et un entrainement quotidien rythmait la vie de la caserne. Les gladiateurs s'entrainaient, sous les directives d'un instructeur (doctores gladiatorium): outre des exercices pour maintenir la condition physique (athletisme, lutte..) ,  l'entrainement s'effectuait avec des armes de bois ; les débuts s'effectuait contre un poteau de bois ou un mannequin de paille, avant que les  gladiateurs ne se spécialisent vers une armatura. 


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Sica en bois (épée recourbée du gladiateur thrace)  retrouvée au camp miltiare de Haltern (Allemagne)


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Lampe à huile avec en décor un gladiateur thrace s'exercant sur un pieu de bois - musée du Louvres

La vile romaine de Carnutum 

Tibère (42 av. J.-C. -37 ap. J.-C.),  établit son camp sur le site, à proximité du Danube, en 6 après J.C, lors de sa campagne contre les Marcomans. En 40 apres JC,sous l'empereur Claude, la legion XV appolinaris s'y installe et construit une forteresse, d'abord de bois et de terre, puis en pierre sous Vespasien.  Cette légion sera ensuite envoyée en Orient et  remplacée à Carnuntum  par la XIV Gemina .

 

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Reconstitution du fort romain (en bois et terre ) lors de l'installation de la legion XV appolinaris au Ier siècle - Copyright M. Klein

 

Autour du camp militaire, une agglomération se développe, les Canabae Legionis,  abritant les civils accompagnant les légions. Cette agglomération atteint son apogée au III  ème siècle et devient une des métropoles romaine les plus florrissantes du Danube.

 

Capitale de la province de Pannonie, la cité romaine comptait 50 000 habitants à son apogée et s'étendait sur plus de 10 km2. 
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On  peut admirer les vestiges de la ville antique de Carnutum dans le Parc Archéologique de Carnutum, ainsi qu'un musée et de très eblels reconstitutions de batiments ( villa, thermes, auberge...) 
A visiter absolument si vous passez en Autriche : le site du Parc archéologique de Carnutum.

 

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Copyright Parc archeologique de Carnutum

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 22:55

Des archéologues qui travaillent dans le désert occidental de l'Egypte ont découvert récemment sur un site connu depuis 1979,  une école  d'enseignement secondaire de l'Empire Romain datant du III ème siècle de notre ère .

Cette découverte, rare, nous éclaire sur une structure qui servait à l'enseignement de la grammaire, de la littérature grecque et romaine, la rhétorique, aux jeunes adolescents faisant partie de la jeune élite de l'empire romain. 

Cette structure scolaire d'enseignement secondaire a été utilisée une vingtaine d'années et a fini par devenir une partie d'une grande maison comportant des fresques et peintures.

La maison et l'école sont situés dans la ville antique de Trimithis (aujourd'hui Amheida ), qui est en oasis de Dakhla, à environ 300kilomètres à l'ouest du Nil. 

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La structure scolaire de Trimithis où l'on peut voir un banc et un mur avec un enduit blanc avec des textes littéraires grec en rouge - photo copyright -  Eugene Ball 

 

Une découverte rare

Dans le monde romain antique, il n'existe pas de bâtiment dédié à l'éducation, et les écoles se situent généralement au domicile de l'enseignant ou dans des lieux ou des pièces ouvertes , comme l'auvent ou l'intérieur de boutiques, ou des galeries attenantes aux édifices publics du forum. 

De fait ces écoles sont difficiles à identifier en archéologie. 

 

La structure d'Amheida est sans conteste une école, comme en témoigne la taille de la pièce, le mobilier (banc de pierre)  et surtout les textes en Grec sur les murs,  témoignant d'activités d'enseignements. 

Le texte du professeur a été rédigé très soigneusement et était apparemment un modèle pour la composition. A cette époque, dans l'empire romain oriental le Grec était la langue la plus couramment utilisée et enseignée. 
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Extrait de l'Odyssée  en grec sur le mur de l'école : Helene de Troie donne à ses convives une drogue pour leur bien être - Photo copyright  Paola Davoli 
 

Par exemple, le texte se référe à un passage de "L'Odyssée" et raconte une histoire légendaire de la consommation de drogue ancienne: Hélène de Troie,  donne ses invités un médicament (peut-être l'opium) qui "enlève la douleur et la colère, et apporte l'oubli de  tous les maux »,

Le  texte du mur de l'école se lit comme suit :  "Celui qui doit boire ce mélange dans un bol ne laissera pas tomber une larme sur sa joue durant au moins toute une journée.   Imiter." 

Le mot "imiter" apparaît pour indiquer les élèves devaient copier le passage d'une certaine façon. 

Dans une autre pièce de l'école, l'équipe d'archéologues a découvert un autre texte composé par un professeur qui explique aux élèves de mettre en pratique leurs compétences rhétoriques au bénéfice  de plusieurs divinités, y compris l'ancien dieu grec Hermès. 

 Il a également exhorté les étudiants à travailler dur. "Soyez audacieux, mes garçons, le grand dieu vous accorde d'avoir une belle couronne récompensant la vertu ". Ailleurs , dans le même esprit on lit :  "Travaillez dur pour moi, la fatigue fait les hommes virils ..."

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Statue honorant  un grammaticus (enseignant grec du secondaire) , au II e siècle à Rome, nommé Marcus Mettius Epaphroditus - Musée de la civilisation romaine - palais Altieri . Photo Barbara McManus

 

L'école n'a été utilisée qu'une vingtaine d'années, peut-être parce que l'enseignant a déménagé ou est décédé, pratique attestée par les auteurs antiques,  ont indiqué les chercheurs. Après sa fermeture, le bâtiment de l'école a été incorporé dans une maison voisine appartenant à un magistrat local nommé Serenos, qui a utilisé une partie de celui-ci pour le stockage.

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Fresques des dieux de l'Olympe dans la maison de Serenos - photo copyright Eugene Ball

En 1979, les chercheurs avait  déjà mis au jour la maison de Serenos et une peinture des dieux de l'Olympe. Des fouilles plus récentes (2008) avaient  révélé davantage de peintures dont une d'une scène de banquet avec un joueur de flûte. Dans une pièce, presque toutes les surfaces murales  ont  été décorées, soit de motifs géométriques colorés ou des scènes animées figuratifs.

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Scène du banquet et du joueur de flute dans la maison de Serenos, photo copyright Eugene Ball

 

Serenos semble avoir apprécié les leçons du professeur et les a sauvegardées sur les murs de sa maison, signe de sa sophistication culturelle.

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 16:38

Les Etrusques sont à l'honneur en cet autome 2013 dans les médias et les musées !

Ce peuple énigmatique a occupé une partie de l'Italie au nord du Latium ( essentiellement en Toscane) , depuis le début de l'age du fer au VIII ème siècle avant JC, jusqu'à leur assimilation définitive en tant que citoyens romains au Ier siècle avant JC .

Cette civilisation a émergé à partir de la civilisation  Villanovienne  datant de l'age du bronze, et cette population  s'est enrichie de  l'arrivée de colons Tyrrhéniens (Asie Mineure) . 

Ce peuple, nommé Etrusci par les romains , était constitué en réalité d'une "fédération" de tribus et de cités indépendantes, qui toutefois partagaient la langue , la culture et les religions et avaient des liens politiques forts.

Cette civilisation a fortement inspirée les romains  dans leur vie sprituelle , au travers de rites parfois curieux et esoteriques, la vie politique, la technologie, l'art ...  

Cette société était très structurée sur le plan social, marquée par l'apparition de familles aristocrates , avec au sommet,  un roi. De fait, les vestiges archéologiques  et les oeuvres qui nous sont parvenus, n'illustrent pas la vie des esclaves . Ces témoignages ne concernent que la classe élevée des maitres,  illustrant du très grand rafinement de cette brillante civilisation et de ses riches habitants.

Considéré le plus souvent comme un peuple originaire d’Orient, enveloppé dans le mystère d‘une langue et de rites hermétiques, le peuple étrusque eut, avant Rome, un rôle de tout premier plan parmi les grandes civilisations méditerranéennes. Peuple de marins et de marchands, les Étrusques ont évolué dans un contexte riche de son commerce internantional et de ses échanges, notamment avec les Grecs, mais aussi les Phéniciens, les Egyptiens,  dont ils furent à la fois les émules et les rivaux.

La présence et l'importance des femmes dans la société étrusques , leur présence aux banquets et leurs moeurs libres  , par exemple  ont choqué  leurs  contemporains grecs et romains, alors que leur société patriarcale confinaient les femmes à un rôle de second plan dans la maisonnée. 

 

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Evocation de l'alphabet etrusque, inspiré de celui des phéniciens - Musée Maillol 

 

Les Etrusques ont laissé des traces de leurs comptoirs marchands avec les colonies grecques des rivages de la Gaule méridionnale (notamment à Lattes).

 

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Carte de la zone d'influence des Etrusques, au milieu de  celles des grecques et des phéniciens - Musée Maillol 

L’image des Étrusques est trop souvent évoquée à travers des témoignages liés au monde funéraire. Cette composante a été accentuée par la découverte de nombreuses tombes, particulièrement au cours du XIXe siècle, qui ont constitué la première source des archéologues. Ainsi a-t-on eu tendance, à tort, à les détacher du monde des vivants. 

 

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Une  belle exposition au musée Maillol  àdécouvrir jusqu'au 9 février 2013 , qui fait revivre le quotidien des élites etrusques 

Pour l'exposition "Les Etrusques, un hythme à la vie"  , le musée Maillol  a choisi au contraire de nous évoquer la vie quotidienne de ses élites joyeuses et cosmopolites . Pour l'exposition,  le musée a rassemblé plus de 250 œuvres de musée européen  avec l'architecture pour fil conducteur, des cabanes primitives aux intérieurs des maisons princières et patriciennes, qui nous font découvrir les principales cités de cette fédération : Véies, Cerveteri, Tarquinia et Orvieto...

 

 

La culture et la vie quotidienne des Etrusques défilent sous les yeux des visiteurs : la vie religieuse très présente, l'écriture, la peinture, l'orfèvrerie, la sculpture, des rites funéraires légendaires, des banquets , les militaires  ...

Du début de leur histoire : les Villanoviens , à la fin de l'age du Bronze : 

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Casque à crête de type villanovien , première moitié du VIIIe siècle avant J.-C. Photo : Soprintendenza per i Beni Archeologici della Toscana / Antonio Quattrone 

 

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 Urne  cinéraire, en forme de cabane villanovienne, milieu du IXe siècle – début du VIIIe siècle avant J.-C. Photo : Soprintendenza per i Beni Archeologici della Toscana / Antonio Quattrone

 

  De farouches guerriers bien équipés

L'équipement des guerriers étrusques est proche de celui des grecs dont il reprend les équipements et la stratégie. Les équipements sont toutefois beaucoup plus "folkoriques", avec des variantes sur les casques reprenant les modèles des hoplites grecs agrémentés de nombreuses décorations, crêtes énormes,  ornements, cornes ou plumes, destinées à impressionner leurs ennemis.

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Bouclier étruque en bronze  Seconde moitié du VIIe siècle av. J.-C. 


L'art étrusque, un rafinement esthétique associé à un artisanat sans équivalent 

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Magnifique fermoir de vêtement en or à figurine de lions -  680-650 avant J.-C


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Vase etrusque avec des danseurs et joueurs de flute 


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Tête votive d'un jeune etrusque


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Scene de banquet étrusque sur une plaque de revêtement architectural en relief,550-530 avant J.-C. Photo :  Museo Nazionale Etrusco Rocca Albornoz, Viterbo / Fabio Barbieri

 

Parmi les céramiques, quelques pièces - objet de culte ou vaisselle de banquet à vocation érotique- rappellent la place du sexe dans la société étrusque : le catalogue de l'exposition évoque ainsi un «climat quasi orgiaque, […] mœurs licencieuses, […] luxure effrénée des femmes étrusques rapportées par les textes antiques.»

 La vidéo suivante de Libération, commentée avec une certaine malice par Vincent Jolivet, archéologue du CNRS, nous laisse entrevoir  cet aspect de cette civilisation : Attention certaines scenes sur ceramiques étrusques sont explicites et peuvent choquer le jeune public - déconseillé au moins de 14 ans .

 

 

Le culte des morts 

L'intérieur tombeau du Navire à Tarquinia est reconstitué et l'exposition présente de plusieurs  urnes ou sarcophages , constituant les dernieres demeures des époux le plus souvent :

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Reconstitution du Tombeau du Navire- Tarquinia 

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Urne dite "du Bottarone", début du IVe siècle avant J.-C. Photo : Soprintendenza per i Beni Archeologici della Toscana / Antonio Quattrone

 

Pour en savoir plus sur l'exposition :

- infos pratiques : musee maillol 

- catalogue disponible en ligne sur Amazon : cliquez ici .

 

Pour en savoir plus sur les étrusque

-  une sélection de livres : cliquez ici 

- une video (reportage Arte)  : la derniere cité des etrusques 

Episode 1 :



Episode 2 : cliquez ici

Episode 3 : cliquer ici 

 

Actualités sur les étrusques 

Une princesse guerriere etrusque découverte en septembre 2013? 

En septembre 2013, les archéologues italiens ont découvert un tombeau intact et étanche à nécropole de la Doganaccia à Tarquinia.

A l'intérieur se trouvent deux lits funéraires sculptés dans la roche. L'un d'eux contient un squelette portant une lance. Sur un autre se trouvent les vestiges partiellement incinérés d'un autre squelette avec plusieurs bijoux et une boîte plaquée en bronze.

Voir la video de la découverte : cliquez ici 

Ce tombeau, situé dans la zone d'un tumulus renfermant une reine,  fut tout d'abord interprété comme celui d'un prince  ou aristocrate étrusque de haut rang , avec une lance et les cendres de sa défunte épouse. Ce tombeau est daté du début du VIe ​​siècle avant J.-C et a été baptisé "tombe de l'aryballos suspendu", du nom d'un vase destiné à stocker des onguents et qui a été retrouvé suspendu à un clou  depuis 2600 ans.

L'analyse des ossements vient de montrer que le prince n'en est pas un: il s'agit en fait d'une princesse
De plus, les cendres appartenaient à un homme plutôt qu'à une femme, ce qui signifie que la princesse a probablement été enterrée avec les restes de son défunt mari. Elle avait 35 à 40 ans lors de son décès.

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Ceramiques et objets précieux trouvés dans le tombeau, au pied du lit de la defunte

 

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Au pied de la defunte un plat avec des restes d'aliments du banquet funéraire, et à gauche une vasque en bronze pour se laver les mains

Bien qu'Alessandro Mandolesi, qui a dirigé l'expédition, avait émis l'hypothèse que la lance placée entre les deux corps ait pu être un "symbole d'union," d'autres sont en désaccord...

Judith Weingarten de la British School at Athens a noté que la lance a été enterré avec la femme et non pas entre la femme et l'homme. Cela porte à croire que, en fait, la femme était une guerrière. Bien que cette découverte soit exceptionnelle, ce ne serait pas étonnant lorsque l'on connait la place importante de la femme dans la société étrusque.

 

A venir une nouvelle exposition sur les étrusques au musée de Louvres- Lens 5 décembre 2013 au 10 mars 2014: "les Etrusques et la Mediterrannée" ,

La civlisation étrusques sera illustrée au travers de la cité de Cerveterri au travers toute son histoire : voir la bande annonce :

 


 

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Published by Gellius - dans Actus des musées
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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 22:13

C'est une découverte exceptionnelle qui vient d'être faite par une équipe d'archeologues du CNRS, dans l'antique chenal reliant le Port romain de Narbonne et la mediterranée.

Le port fait l'objet de fouilles depuis 4 ans,  se trouve au lieu dit "La Nautique" près de l'étang de Bages au Sud de Narbonne.  

La ville antique de Narbonne n'a curieusement pas laissé de traces : pourtant c'était la capitale de la province Narbonnaise et la premiere colonie romaine construite  hors d'Italie  en 118 avant J.-C. (soit 60 ans avant la conquête de la Gaule "chevelue" par Jules Cesar). Elle  était décrite par les auteurs antiques comme Strabon ou Ausone  comme une ville à l'architecture époustouflante, rivalisant avec celle de Rome, et comme l'un des ports les plus importants de l'Antiquité.

Pourtant dans la ville actuelle de Narbonne, contrairement  à Nimes ou Arles, nulle trace de monuments romains , de temples, d'amphitheatre, de theatre,  ni même de mer..  Comme si  la ville antique , un symbole de Rome , avait été "rayée de la carte" de la Gaule et fait l'objet d'un méticuleux "démontage"au V ème siècle,  apres la chuie de l'empire, la région étant alors intégrée au royaume wisigoth.  

En 2007, le port antique est enfin découvert  à quelques kilomètres au sud de Narbonne : deux structures rectilignes quasi parallèles, longues de 2 kilomètres, larges de 15 mètres et espacées de 50 à 80 mètres sont découvertes."Un chenal monumental, rarement une construction romaine a atteint une telle ampleur. Plusieurs gros bateaux pouvaient y entrer en même temps, d'apres les archéologues de la DRASSM et du CRNS ."

 En fouillant  les berges de ce canal, les chercheurs mettent au jour des débris de bâtiments antiques, ayant servi à des réparations des berges du chenal . "Les Romains recyclent souvent les ruines pourconstruire d'autres ouvrages, c'est assez classique, commente l'archeologue Corinne Sanchez. Mais nous ne nous attendions pas à cela." 

En 2011, les archéologues tombent sur des bouts de colonnes de 1,50 mètre de diamètre, sur du marbre de Carrare ou des morceaux de sculptures gigantesques. Les restes du capitole de Narbonne, un édifice majeur qui, d'après les textes antiques, faisait 118 mètres de long et qui, au Ve siècle, aurait servi de palais au roi des Wisigoths. "Les réparations du chenal se sont faites par tronçons, reprend la chercheuse. Du coup, sur un même secteur de fouilles, nous n'avions les restes que d'un seul bâtiment." 

D'après les chercheurs, ce chenal, dont les berges ont servi d'aires de déchargement, a été utilisé entre le IIe et le Ve siècle après J.-C. ; il aurait donc pris le relais de Port-la-Nautique. "Ce déplacement reste inexpliqué, continue Nicolas Carayon, responsable des fouilles à Port-la-Nautique. L'abandon du site initial pourrait être lié à un problème d'envasement mais aussi à un problème politique. Il semble en effet que ce premier port ait appartenu à une personnalité richissime... peut-être gênante pour Rome." 

 

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Reconstitution des principaux vestiges reconnus à Port-la-Nautique à Narbonne. À gauche, les grands entrepôts ; à droite, le « Lac de Capelle » , un viver à poisson luxueux ayant appartenu à un puissant personnage de Narbonne .© Patrice Cervellin, GRAL/CNRS

 

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Une reconstitution de la zone de déchargement sur les berges aménagées de l'Aude, alors canalisé pour se jeter dans les étangs de Bages-Sigean. Sur ce site  près du Grand Castélou, les chercheurs ont notamment découvert un entrepôt de 7,6 m de large sur plus de 18 m de long - source CNRS 

Situé à l'embouchure du fleuve Aude, le port de Narbonne est un des plus importants de l'Antiquité. Les romains construisent dans l'étang, 2 gigantesques jetées avec des quais de déchargement, des entrepôts et une voie de halage jusqu'à Narbonne. n chantier colossal, pour lequel des milliers de chênes et de sapins sont acheminés depuis le massif central.

 

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© F3 LR Narbonne (Aude) - un bateau retrouvé lors des fouilles du port antique - septembre 2013.

 

Cet été 2013 , c'est presque par hasard qu'ils vont faire une découverte exceptionnelle : une épave de bateau dont la coque, quasiment intacte, a été conservée dans les sédiments, ainsi que sa cargaison d'amphores.
Ce bateau est un des rares exemples de navire marchand de cette époque du monde romain. 

 

 

 

 

Autre article sur le port antique de narbonne : cliquer ici

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