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Civilisations antiques, grecques et romaines: actualités et découvertes

Les actualités du monde antique : découvertes archéologiques, parutions d'articles ou de livres expositions, actualités des musées, informations et médias sur les civilisations anciennes, grecques et romaines

Fort romain de Vindolanda : de nouvelles découvertes et museographies

Publié le 13 Décembre 2010 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Rénovation du musée de l'armée romaine : mise en valeur des découvertes récentes du fort de Vindolanda

 Le fort militaire romain de Vindolanda  est situé au Nord de la Grande Bretagne. Il a été construit vers 85 ap JC et occupé jusqu'au IVème siècle par des troupes auxiliaires à proximité du mur d'Hadrien (photo Vindolanda trust) .

 

vindolanda1

 

 

Il fait l'objet de fouilles archéologiques  depuis plus d'une quarantaine d'année, mettant au jour à chaque campagne de fouilles annuelles d'impressionnantes découvertes compte-tenu des conditions exceptionnelles de conservation en milieu humides et anaérobie.

Ces collections comprennent ainsi de nombreux objets nous éclairant sur la vie quotidienne des militaires aux confins septentrionaux de l'empire romain. Parmi les découvertes rares en parfait état de conservation,  des pièces de cuir, de bois, de tissus, des cheveux et les célèbres tablettes d'écriture en bois.

 

Voir site : http://www.vindolanda.com

 

Vindolanda-006

 

 

Le musée de l'armée romaine fait l'objet d'un ambition programme de  rénovation.

 Afin de d'enrichir son contenu, le musée va mettre en valeur ses anciennes collections et présenter  à partir de ce printemps 2011 des collections exceptionnelles jamais présentées au grand public.

  vindolanda5Parmi les objets exceptionnels qui feront partie de ce musée rénové : 

 

Les tablettes de  Vindolanda

Ces célèbres tablettes de bois (près de 400 au total) , dont les textes ont été partiellement conservés, présentent des lettres personnelles, des listes d'approvisionnement,  et des rapports militaires. ... qui retraçent la vie quotidienne du camp d'une troupe auxiliaire (cohortes de Bataves commandées par Cerialis) au début du II eme siècle stationné au nord de la province de Britannia.

 

Pour en savoir plus : base de données en ligne sur les tablettes de Vindolanda.   

Roman writing tablets, Vindolanda Archaeological Site, Britain 2009

 

Une énorme collection de chaussures et d'objets en cuir

La collection de chaussures en cuir  de Vindolanda  est impresionnante : chaussures d'enfants, de femmes , de militaires, couvrant la "mode" sur quatre siècles . Plus de 6 000 pièces de cuir ont été trouvées sur le site.

Le nouveau musée présentera sur un mur entier cette collection de chaussures romaines dont beaucoup d'exemplaires n'ont jamais été présentés au public.

 

Chaussures civiles (photo  © Stephen Bartlett) :

 

Roman leather shoes, Vindolanda Archaeological Site, Britain 2009

 

Chaussures militaires de type calcei (photo  © Stephen Bartlett):

Roman shoes, Roman Army Museum, Britain 2009-1

 

Parmis les autres objets en cuirs présentés, trois tentes militaires  romaines et un chamfrein complet de cheval : pièce originale et reconstitution (photo  © Stephen Bartlett) :

Chamfron, Vindolanda Archaeological Site, Britain 2009 

Les objets en bois

La collection d'objets en bois comprends des outils complets :

  - une truelle complète, avec son manche et sa lame en métal

- un marteau avec son manche

- un essieu de chariot entier

- des pelles avec le manche rouge

- un porte aiguille avec des aiguilles de couture rangées à l'intérieur

- un peigne en bois dans un étui en cuir ...

 

Peignes de bois  (photo  © Stephen Bartlett):

Roman wood combs, Vindolanda Archaeological Site, Britain 2009

 

Brosse en poil de porc  (photo  © Stephen Bartlett):

Roman Pig Bristle Brush, Vindolanda Archaeological Site, Britain 2009-1

 

Les tissus et fibres textiles

Parmi les nombreux fragments de tissus trouvés sur le site, seront présentés des objets rares  notamment : 
- Une perruque de femme, une crête de casque de centurions fabriqués à partir des fibres végétale d'une espèce locale de mousse ("hairmoss").

- Une résille très fine pour la coiffure de femmes sera également présentée.

 

Perruque fabriquée à partir de mousses  (photo  © Stephen Bartlett):

Female Hair Moss Roman wig, Vindolanda Archaeological Site, Britain 2009

 

Fragments de tissus de Vindolanda (photo  © Stephen Bartlett):

Roman Mesh Clothing, Vindolanda Archaeological Site, Britain 2009

 

Fonds de paniers en osier  (photo  © Stephen Bartlett):

Roman woven basket fragments, Vindolanda Archaeological Site, Britain 2009

 

 Autres objets :

- un fragment de bol peint en verre fabriqué de Cologne et importé à Vindolanda dans un parfait état de conservation, représentant un combat de gladiateurs  (secutor contre rétiaire) - photo Vindolanda trust: 

 vindolanda3-une caisse pleine de sigillée constituant un service de table en parfait état (trouvée dans un fossé, surement une livraison qui n'est pas parvenu à destination)

 

 -des pièces de monnaies

 

- des bijoux 'credit photo Vindolanda trust)vindolanda6

 

- des collections lapidaires : autel à Jupiter de Doliché, petit autel chétien du IV eme siècle ,  (photo  © Stephen Bartlett)...

Inscriptions and reliefs, Vindolanda Archaeological Site, Britain 2009-1

 

Résultats des fouille archeologiques 2010 : Meurtre au IV siècle dans le camp militaire romain de Vindolanda? 

 

Une victime enterrée à la hâte

Le corps d’une fillette vient d’être découvert dans un baraquement du fort romain de Vindolanda lors de la campagne de fouille 2010. Enterrer des corps dans l’enceinte d’un fort était strictement interdit à l’époque romaine, ce qui laisse supposer aux archéologues, transformés en détectives pour la circonstance, que l’enfant a été tuée clandestinement et son corps, enterré à la hâte pour ne pas éveiller les soupçons.

Un squelette partiel au crâne abîmé, recroquevillé dans une tombe rudimentaire. Voici ce qu’ont trouvé les archéologues dans les ruines du fort romain de Vindolanda.  

La victime  est une fillette âgée de 8 à 10 ans qui semble avoir été ligotée avant d’être tuée . Son corps a été enterré hâtivement sous le plancher du baraquement militaire. Il devait être impossible au meurtrier de sortir sans risque le corps en dehors du fort. Le meurtre aurait été commis vers 250 après JC.

 

Enquête sur le meurtre d’une fillette au IVe siècle après JC

Dans l'attente des résultats des études scientifiques en cours, toutes les supputations sont permises sur les causes de ce meurtre commis problablement par un militaire romain.  

Toutefois, cette découverte  présente d'étranges similitudes avec  une une autre "affaire" . Le grand père du Docteur A. Birley, responsable actuel des fouilles de Vindolanda, avait découvert en 1930  deux squelettes qui avaient été trouvés près du site à Housesteads. Ces personnes avaient été « victimes de meurtre par personne inconnue peu avant l’an 367 »selon le medecin légiste de l'époque. Les corps des victimes avaient été retrouvés sous le plancher d’une habitation  civile. L’une des victimes avait une lame de couteau plantée entre ses côtes.

Le corps de la jeune victime de Vindolanda a été transporté à l’université de Durham. L’autopsie va être pratiquée afin de déterminer les causes exactes de la mort.

 

Pour en savoir plus sur les fouilles archéologiques et l'histoire du fort et la vie quotidienne à  Vindolanda à l'aube du II ème siècle , voir l'excellent reportage diffusé par France 5 sur les "Légionnaires de Rome" :

 

L'empire romain - Légionnaire de Rome - partie 1/3  

L'empire romain -Légionnaire de Rome - partie 2/3

L'empire romain-Légionnaire de Rome -partie 3/3 .

 

 

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Exposition Bruxelles : les Etrusques en Europe

Publié le 10 Décembre 2010 par Gellius dans Actus des musées

 
etrusquesSITEUne belle exposition ,à voir en ce moment au musée du cinquantenaire à Bruxelles , débutée en octobre 2010, elle se terminera le 24 avril 2011. Mêlant collections du musée et approche museographique moderne à des tination des enfants et adolescents avec un parcours multimedia en 3D, cette exposition plongera le visiteur au coeur d'une civilisation  extrêmement brillante, qui s'est développée en Toscane et au Latium , avant de cèder la place à la civilisation romaine.

Entre les IXe et VIIIe siècles avant J.-C., les Étrusques entamèrent un périple à la conquête de l'Italie centrale. Ils passèrent de leurs villages de huttes à une puissante confédération de douze cités qui contrôlera toute l'Italie centrale ainsi que les côtes des mers Adriatique et Tyrrhénienne.

 

Dans l'exposition, Lars - lucumon (roi) et grand-prêtre - conduira le visiteur à la découverte de son peuple et de sa langue mystérieuse, de son extraordinaire maîtrise artistique et de son monde de l'au-delà. Vous ferez un incroyable voyage dans le temps et pénétrerez dans les maisons des Étrusques, dans leurs temples et leurs nécropoles, accompagnés par d'extraordinaires images tridimensionnelles, grâce à un parcours multimédia riche en reconstructions, animations et atmosphères lumineuses, musicales et sonores impressionnantes.

 

Munis de lunettes spéciales 3D, vous aurez l'occasion de rentrer virtuellement, par exemple, dans la Tombe des Reliefs de la nécropole de Banditaccia à Cerveteri.Les chambres funéraires sont en partie creusées dans la roche et elles s’alignent le long de rues se croisant à angle droit. Un mobilier exceptionnel entourait des sarcophages de pierre décorés sur quatre faces. Le personnage du couvercle était allongé sur le dos ou tourné de côté. Les corps sont frustes et inachevés, mettant en valeur le visage du défunt. 

 

Grâce à la vision en trois dimensions des objets, des personnages et des lieux, s'est créée une sorte de profil du monde antique qui voyagera, à partir du Musée du Cinquantenaire, à travers toute l'Europe, en passant par plusieurs grands musées, pour faire découvrir l'univers extraordinaire des Étrusques. À chaque étape, une sélection d'oeuvres originales sera exposée.

 

agenda 2010 10 MRAH-3Vous pourrez admirer, en fin de parcours, les pièces maîtresses des collections Étrusques du Musée du Cinquantenaire : casque du VIIIe siècle, chariot brûle-parfum en forme de taureau et d’oiseau trouvé dans un tombeau près de l’ancienne cité étrusque de Salerne, œnochoé couverte de vernis noir, statuette de jeune homme, céramiques décorées, objets funéraires en bronze d’une finesse esthétique incroyable.

 

 Renseignements pratiques : site du musée du cinquantenaire

Credits photos : copyright MRAH - P. Lenfant
 
Pour en savoir plus sur la civilisation etrusque :  
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Un tresor monétaire romain du IIIe siècle découvert à Autun

Publié le 5 Décembre 2010 par Gellius dans Découvertes archeologiques

La fouille archéologique du faubourg d’Arroux, au nord d’Autun, menée sur prescription de l’État (Drac Bourgogne) dans le cadre d’un projet de logements sociaux, a permis la découverte d’un quartier antique partagé entre artisanat et habitat aisé.
pistillusLes archéologues ont notamment mis au jour l’officine du fabricant de figurines Pistillus : four de potier, moules, figurines et ratés de cuisson signés « Pistillus » confirment la présence de son officine à Autun. Son œuvre, bien que populaire, se distingue par des statuettes soignées et des thèmes variés : déesses protectrices, Vénus, Abondance, animaux, mais aussi de tendres représentations de l’intimité romaine.
 
Lors des dernières semaines de la fouille, principalement consacrées à l’étude d’un ensemble de vestiges datant de l’époque augustéenne (début du Ier siècle de notre ère), un important dépôt monétaire a été exhumé.
 
 
Un tresor monétaire de plus de 100 000 pièces en bronze datant du III ème siècle
 
tresor monetaire autunL’ensemble était enfoui dans une fosse scellée par des tuiles. Il pèse environ 38 kg et consiste en plus de 100 000 pièces romaines de la fin du IIIe siècle de notre ère. Ces monnaies sont de toutes petites pièces en bronze de moins de 0,4 g. Ce sont des exemplaires non officiels, comme il en  a beaucoup circulé durant la période très troublée de la seconde moitié du IIIe siècle, et même peut-être encore au IVe siècle.
De graves crises frappent l’Empire à cette période : guerres incessantes entre prétendants au trône, épidémies, poids financier et politique de l’armée, pression aux frontières, crise économique, etc. L’État romain n’est plus en mesure d’assurer pleinement la pérennité et le contrôle du système monétaire. De petits monnayages de bronze, de peu de valeur, qu’on peut qualifier de « monnaie de nécessité », apparaissent alors : ils sont produits par des particuliers mais sont plus ou moins tolérés par l’État. Ils imitent pauvrement les émissions officielles et les effigies sont difficilement identifiables. Les pièces découvertes à Autun se rapprochent de celles typiques du IIIe siècle, telles les monnaies de Tétricus.
La forte teneur en cuivre du dépôt a permis au panier en vannerie, dans lequel elles étaient stockées, d’être en partie conservé.

Si l’ensemble avait une certaine valeur, il ne s’agit probablement pas d’un trésor dissimulé, mais plutôt d’un dépôt de pièces déclassées destinées à la refonte. La fosse est d’ailleurs située dans l’emprise d’un des ateliers de métallurgie mis au jour sur le site. En effet, pour rétablir une économie monétaire saine, certains empereurs ont lancé des réformes et tenté de remplacer les anciennes pièces sans autre valeur que celle de leur métal.  Le dépôt monétaire d’Autun est peut-être lié aux réformes de Dioclétien sous la Tétrarchie (fin IIIe siècle-début IVe siècle).
Un second dépôt devait se situer non loin du premier puisque un peu plus de 2 000 pièces ont été collectées à l’emplacement d’un mur du même atelier. Mais le  démantèlement de cette maçonnerie, au  IVe siècle ou Ve siècle, a dû partiellement le détruire.
Ces vestiges numismatiques vont permettre de mieux appréhender tant les aspects du monnayage non officiel, que les phénomènes de déclassement et de refonte des monnaies durant l’Empire.
Ces ensembles viennent s’ajouter aux quelque 300 monnaies romaines – en bronze dans leur très grande majorité – découvertes sur le reste de la fouille. Communes ou rares, ces monnaies, au même titre que les autres objets et vestiges, ne livrent d’utiles indications que parce qu’elles sont découvertes et étudiées dans leur contexte archéologique.
Source INRAP .
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