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Civilisations antiques, grecques et romaines: actualités et découvertes

Les actualités du monde antique : découvertes archéologiques, parutions d'articles ou de livres expositions, actualités des musées, informations et médias sur les civilisations anciennes, grecques et romaines

Clermont Ferrand - Musée Bargoin : ouverture de la nouvelle salle des ex-voto gallo-romains

Publié le 22 Décembre 2011 par Gellius dans Actus des musées

Les ex-voto (du latin vovere votum - faire un vœu) présentés au musée Bargoin à Clermont Ferrand ont été découverts à Chamalières lors de la construction d’immeubles résidentiels. Les fouilles de sauvetage, qui ont été menées, entre 1968 et 1971, sur le site de la source des roches,  sanctuaire gallo-romain,  ont entre autres permis d’exhumer près de 10 000 fragments de bois ainsi qu’une tablette de plomb gravée portant un des plus longs textes connus en langue gauloise.

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Ex-voto de la source des Roches de Chamalières - ©Ville de Clermont-Ferrand

Ces ex-voto, datés entre le Ier siècle avant et le Ier siècle après J.-C., constituent l’ensemble le plus important de sculptures gallo-romaines en bois conservé à ce jour en France. Leur nombre, leur état de conservation exceptionnel (grâce au milieu humide dans lequel ils sont restés enfouis pendant près de vingt siècles), la variété des représentations et leur datation sur une période relativement courte en font une collection de référence ; leur qualité artistique étant par ailleurs remarquable.

Les pèlerins gallo-romains, invoquant les forces divines près d'une source,  venaient déposer dans ce lieu sacré des ex-voto en bois représentant des personnages en pied, des parties de corps, des organes internes, des animaux, etc. La quantité significative d’ex-voto représentant des membres inférieurs laisserait penser que la source était particulièrement réputée pour la guérison de ces parties du corps.

La qualité d’exécution de ces ex-voto est très variable. Cette inégalité témoigne vraisemblablement de différentes productions. Les unes, soignées, certainement réalisées par des marchands-sculpteurs, sont des représentations sculptées sur toutes les faces ; d’autres, plus maladroites, sans doute fabriquées par les pèlerins avec des outils de fortune, sont simplement découpées dans une planche ou exploitent la forme naturelle d’une branche à peine dégrossie.

D’autres formes d’ex-voto, des plaquettes de bois probablement peintes ou inscrites, ont aussi été découvertes sur le site.Plus modestement, les ex-voto peuvent aussi prendre la forme d’offrandes faites par les pèlerins comme des noisettes, des glands ou encore des monnaies.

Après les fouilles, la question de la conservation de ces bois gorgés d’eau s’est imposée de manière urgente. Les ex-voto, faits de matériaux périssables, étaient en danger de destruction et leur stabilisation devait être effectuée rapidement. Ce sont donc près de 1 500 sculptures et plus de 8 000 fragments qui ont été collectés et inventoriés.

Certains ont été restaurés par l’Etat et mis en dépôt au musée Bargoin. Une seconde campagne de restauration a été menée jusqu’en 2006, avec l’aide de l’État.

La salle des ex-voto propose aujourd’hui une nouvelle perception de cette collection. Les objets exposés sont moins nombreux qu’auparavant, mais ils permettent une meilleure appréhension des ex-voto, de leurs similitudes comme de leurs particularités. Leur présentation sera régulièrement renouvelée pour aborder différentes thématiques liées à cette collection unique en Europe.

 



Pour en savoir plus , autre article sur Augustonemetum , Clermont-Ferrand Antique 

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Exposition au musée des Antiques de Toulouse : de l'image au pouvoir du 19/11/2011 au 18/03/2012

Publié le 14 Décembre 2011 par Gellius dans Actus des musées

Le musée de Saint Raymond à Toulouse nous présente une exposition intitulée de "l'image et le pouvoir, le siècle des Antonins", du 19 novembre 2011 au 18 mars 2012. 

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Les gouvernants d’hier et d’aujourd’hui l’ont bien compris : l’image influence l’opinion. ll faut donc la maîtriser et savoir l’utiliser à son avantage. Les empereurs romains font partie des précurseurs en matière de stratégie de communication politique.

Au moyen de portraits les plus marquants possibles (sculptures en marbre ou en bronze, monnaies portant leur effigie), ils ont su déployer leurs valeurs et leur idéologie. L’impact de ces portraits était tel qu’ils influencèrent tout le peuple romain, notamment en lançant une mode en perpétuelle évolution, celle de la coiffure.

Cette exposition nous présente ces visages - empereurs, impératrices, membres de la famille impériale ou anonymes - en se concentrant sur la période marquant l’apogée de l’Empire romain - le IIe siècle - qui correspond aux règnes de la dynastie des Antonins formée par Trajan, Hadrien, Antonin le Pieux, Marc Aurèle, Lucius Verus et Commode.

Toutes les monnaies et certaines sculptures présentées appartiennent à la collection du musée Saint-Raymond qui conserve le plus grand groupe de portraits romains en marbre découverts en France.

Mais, privilège extraordinaire, le visiteur pourra aussi découvrir des oeuvres rarement prêtées par des musées français et européens (Paris, Rome, Francfort...). Ces oeuvres de comparaison permettent de mieux percevoir la stratégie de communication mise en place par les empereurs romains et surtout de prendre conscience des codifications qu’ils instaurèrent.

Voir le reportage de l'exposition :

 

 

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Nouveau musée d'art classique de Mougins (06)

Publié le 4 Décembre 2011 par Gellius dans Actus des musées

En juin 2011, s'est ouvert  le très beau musée privé dans le village chargé d'histoire de Mougins (06), dans l'arrière pays cannois, musée installé dans une vaste demeure médiévale.

Ce musée original renferme plus de 700 oeuvres jusque là inaccessibles au grand public. En regard de vestiges archéologiques exceptionnels (égyptien, grecs, italiques et romains) les galeries présentent des oeuvres d'art modernes de grands maîtres (Picasso, Rubens, Toulouse-Lautrec, Chagall, Matisse, Cézanne, Dali, Klein... dont certains ont séjourné à Mougins), et ce dans un contraste saisissant ! 

Le concept du musée est en effet  "comment la beauté du Monde Antique, a influencé l’art néo-classique, moderne et contemporain" . Dans les quatre niveaux, le musée présente notamment :

- au sous sol , "la Crypte" : quelques chefs d'oeuvre de l'art egyptien, de l'Ancien Empire à la période ptolémaïque

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La galerie egyptienne - copyright musée de Mougins(avec son aimable autorisation)

- au rez de chaussée, la "galerie des personnages et personalités" présente notamment des oeuvres d'art romain: entre autre , des bustes d' empereurs tels qu' Auguste, Tibère, Claude, Néron, Marc Aurèle ... et une très belle statue imposante de l'empereur Hadrien, une des pièces maitresse du musée.

- au premier étage, les galeries des "dieux et des déesses" et des "coutumes" présentent des objet de la vie quotidienne et de la religion grecques et romaines : statuettes en bronze, bijoux, monnaies, verrerie, argenterie, mosaïques ... voir les photos de la collection en ligne : grecque - romaine

- enfin au deuxième étage, dans la "galerie de l'armurerie" une exceptionnelle collection d'armements antiques : voir les photos de la collection en ligne

  • armements grecs : beaux casques grecs du VII au IV ème siècle avant JC : corinthiens, illyriens, chalcidiens, macedoniens, pilos mais aussi des cnemides, des armures en bronze, boucliers...
  • armements étrusques et italiques : depuis le casque villanovien (age du bronze) aux casques extravagants des étrusques, à ceux des samnites plus sobres (IVeme et III eme siècles avant JC)  ... 
  • armements romains : du IIème siècle avant JC au V eme siècle après JC : du  casque républicain de type montefortino,  casques de parade des cavaliers des II et III ème siècles ap JC, de très beaux casques en bronze entierement étamés, des casques phrygiens du II-IIIème siècles ap JC inspirés des armées d'Alexandre le Grand . Enfin quelques armements offensifs : glaives, pugio, spatha, pilum, plumbata... 

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La galerie des armes antiques - copyright Musée de Mougins (avec son aimable autorisation)

Ces objets ont été rassemblés pendant de nombreuses années par un passionné d'art antique,  Christian Levett. Cette impresionnante collection d'objets antiques, est ainsi mise à la disposition du grand public dans le musée dirigé par Mark Merrony.

L'archéologue regrettera toutefois que ces magnifiques objets, pour la plupart issus de salles de ventes internationales,   soient déconnectés de leur contexte archéologique et de fait leur provenance inconnue, mais ce musée, par sa richesse artistique et historique, vaut largement le détour !

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Pour en savoir plus voir le site web du musée :

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Batellerie gallo-romaine. Pratiques régionales et influences maritimes méditerranéennes

Publié le 1 Décembre 2011 par Gellius dans Actualité lecture

Vient de paraitre : Batellerie gallo-romaine. Pratiques régionales et influences maritimes méditerranéennes, aux éditions Errance/centre Camille Jullien

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Les récentes découvertes d'épaves de barges fluviales gallo- romaines à Arles et à Lyon (place Tolozan et parc Saint- Georges), auxquelles s'ajoutent les épaves de Chalon-sur- Saône, ont non seulement attiré l'attention sur la batellerie fluviale et lacustre gallo-romaine mais aussi porté au premier plan des recherches sur le bassin rhodanien et le Midi de la Gaule jusque-là peu présents ou même totalement absents du débat.

Or les particularités de ces épaves renouvellent fondamentalement le sujet en montrant l'existence d'une tradition régionale Rhône-Saône mettant en lumière des influences maritimes méditerranéennes.

Dès lors, il devenait intéressant de confronter ces recherches sur le bassin fluvial Rhône-Saône et le Midi de la Gaule à celles menées sur l'Europe du Nord qui avaient monopolisé le débat sur la construction navale gallo-romaine. A partir de données provenant de l'arc rhénan (Allemagne, Pays-Bas) et du lac de Neuchâtel (Suisse), ces recherches avaient jusqu'alors mis en évidence l'existence des seuls groupes régionaux rhénan et alpin.

Il est aussi apparu enrichissant d'élargir le sujet de cet ouvrage à d'autres épaves, comme l'épave lagunaire de la Conque des Salins (étang de Thau, Hérault), encore peu connue, et celle du chaland de la Ljubljanica (Slovénie), de découverte plus ancienne, dont les caractéristiques s'inscrivent dans le cadre de la nouvelle problématique définie autour des notions de pratiques régionales et d'influences maritimes méditerranéennes.

C'est, au total, à un renouvellement complet du panorama de la construction navale et de la batellerie gallo- romaine que nous invite cet ouvrage. Richement illustré, il comporte de nombreuses contributions de spécialistes français et étrangers, qui remettent au premier plan les études sur la batellerie antique et montrent l'intérêt d'un domaine trop souvent considéré comme un genre mineur.

 

Lire un autre article sur la barge d'Arles remontée du Rhône en 2011.

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