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Civilisations antiques, grecques et romaines: actualités et découvertes

Les actualités du monde antique : découvertes archéologiques, parutions d'articles ou de livres expositions, actualités des musées, informations et médias sur les civilisations anciennes, grecques et romaines

La bataille oubliée de la légion IV flavia felix dans une expédition au cœur de la Germanie, en 235 après JC ?

Publié le 20 Février 2012 par Gellius dans Découvertes archeologiques

En 2008, les archéologues allemands ont exhumé les vestiges d’un champ de bataille dans la forêt de Harzhorn, bataille ayant opposé les troupes romaines  et germaniques au début du III ème siècle de notre ère. Le souvenir de cette bataille n’a jamais été signalé par les textes antiques. 

Voir reportage sur la découverte  (en allemand) ci dessus .

Cette découverte est exceptionnelle à plus d’un titre :

-          tout d’abord la localisation du site, dans une zone reculée de la Germanie, que les historiens pensaient désertée par les romains  depuis le désastre de Teutoburg  en 9 après JC où  trois légions et leurs trains de bagages  furent massacrés par les tribus germaines en révolte, marquant un coup d’arrêt à la conquête de la Germanie.

-          Ensuite la découverte d’un champ de bataille antique est exceptionnelle, car ces derniers ne révèlent généralement que peu de  vestiges, l’ensemble des armements et pièces métalliques  ayant généralement été récupérés par les vainqueurs .

Il semble que les profondeurs de Germanie aient fait l’objet, à défaut de conquêtes, d’expéditions punitives :

-          Tout d’abord par Drusus, entre 12 et 11 après JC, pour venger l’humiliation de la bataille de Teutoburg, qui permit la récupération des aigles des légions massacrées

-          Il semblerait que les Romains aient patienté plus de 200 ans avant d’envoyer nouvelle une expédition punitive contre les tribus germaniques  les plus reculées. C’est l’empereur Maximin Ier le Thrace (173-238) qui aurait organisé ce raid en 235, dans le but de "pacifier"  les régions du nord.

Les archéologues allemands ont exhumé les débris de la bataille sur une colline boisée appelée Harzhorn. Elle est localisée en Basse-Saxe, entre les villes de Kalefeld et de Bad Gandersheim, soit à 12 jours de marche de la résidence impériale à Mayence. 

Les archéologues évaluent le champ de bataille à 1 km². Dans ce champ de bataille, ont été retrouvés 1800 artefacts de la bataille, qui permettent d’imaginer le déroulement la bataille.

La présence de vestiges de chariot, de piquet de tentes,  des outils de terrassement... peut laisser supposer que la troupe romaine a été attaquée durant la marche, comme lors de la défaite de Teutoburg, alors que les légions étaient les plus vulnérables.

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Bataille d'Harzhorn - Eléments de chariot (passe-guide en bronze) - photo © Christa S. Fuchs

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Bataille d'Harzhorn - piquet en fer de tente de légionnaire (contubernium)  © photo Christa S. Fuchs

Toutefois, les troupes ont pu s’organiser et mettre les pièces d’artillerie romaine  (scorpions et chiroballistes) qui pouvaient tirer précisément à plus de 300 m ,  dont plusieurs centaines de pointes de flèches (de 200 gr) ont été retrouvées .

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Bataille d'Harzhorn - Pointes de flèches d'artillerie romaine trouvés à plusieurs centaines d'exemplaires © photo Christa S. Fuchs

Des troupes auxilaires, composées d' archers orientaux et de vélites numides (infanterie légère de harcèlement issue d'Afrique du Nord) ont également été mis en œuvre. La répartition des clous de sandales légionnaires retrouvées sur le site laissent penser que ces derniers ont poursuivis les germains jusqu’au sommet de la colline.

Les premières minutes du film Gladiator évoque les premiers instants d' une telle bataille.

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Hazorn - Deux têtes de pila- photo licence creative common Axel Hindemith

 

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Fragments d'une cotte de maille découverts  en 2013  après leur découverte:  l'ensemble des fragments retrouvés devrait permettre de reconstituer l'ensemble de la protection individuelle : ce genre de découverte sur un champ de bataille est exceptionnel ce type d'armure était extremement précieux et récupérés après la bataille : comment sont-ils parvenus jusqu'à nous? Cette cotte de maille appartenait à un legionnaire blessé qui s'en est séparé? Toute les hypothèses sont possibles ...

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Détail des anneaux de la cotte de maille (Lorica Hamata)  après restauration: des mailles de 6 mm environ,plates et rivetées, constituant une protection individuelle très efficace. photo Christa S. Fuchs.

La nature des vestiges laissent à penser que les légions romaines ont remportées la victoire, bien que non mentionnée par les textes.

Parmi les vestiges retrouvés,  on retrouve des lances germaines décorées, des plaques de ceinturon, des hyposandales , un éperon, les restes d’un cheval tombé dans un trou,  l’extrémité du fourreau d’un glaive typique du III ème siècle, des pièces de monnaies frappés à l’effigie de différents empereurs romains  ( Caracalla : 211-217, Elagabal 218-222, Sévère Alexandre 223-235).

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Bataille de Harzhorn - extrémité de fourreau de glaive romain © photo Christa S. Fuchs

 

Heiner Muller Elsner

Reconstitution d'une troupe romaine du III eme siècle dans la forêt de Harzhorn - photo Heiner Muller Elsner

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Légionnaires romains du début du III ème siècle - Dessin de Jonnhy Shumate, avec son aimble autorisation

 

Fin 2011, une dolabra, hache du légionnaire, appartenant à un soldat de la légion IV flavia felix vient d’être découverte.

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Bataille de Harzhorn - Hache d'un légionnaire (Dolabra) de la  Légion IV Flavia felix -photo DPA)

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Photo Th. Deushmann

Au début du III ème siècle cette légion basée en Mésie (province danubienne) à plusieurs milliers de km au sud du champ de bataille .

Toutefois une inscription sur une stèle à de Speyer sur le Rhin moyen datant du début IIIème siècle  , ainsi que cette nouvelle découverte permet d’envisager  qu’un détachement de cette légion fut associée aux expéditions contre les Alamans des empereurs Caracalla (213 ap JC) , Alexandre Severe (235) puis  Thrax maximin (235-236).

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Vient de paraître : Vin de l'Antiquité de M. Bouvier

Publié le 2 Février 2012 par Gellius dans Actualité lecture

Vient de paraitre une ré-édition de l'ouvrage aujourd'hui épuisé de Michel Bouvier "Vin de l'Antiquité" ou l'archéologie experimentale à  la recherche des saveurs d'autrefois. 

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Qui nous redira l'ardeur capiteuse, le bouquet enivrant du Falerne ? Depuis que le vin a été inventé il y a environ 10000 ans, il joue un rôle central dans les sociétés, boisson des rois, boisson des dieux, puis boisson du peuple.

Consommation distinguée en Grèce, brutale chez les barbares du nord, abondante chez les Romains. Les auteurs antiques, Grecs ou Romains, ont relaté l'extrême diversité des crus, issus des différents terroirs, cépages et climats, révélé toutes les méthodes de vinification et de conservation des vins, l'usage des plantes et des aromates, ont même créé un premier vocabulaire de la dégustation, mais aucun vin n'a pu traverser les siècles pour nous faire apprécier ses arômes.

Si l'archéologie et les textes nous apprennent beaucoup de choses sur les vins antiques, comment peut-on retrouver leurs saveurs ? Six auteurs romains (Caton, Varron, Pline, Columelle, Martial et Paladius) nous ont laissé suffisamment d'informations pour nous donner une idée précise des méthodes de production du vin à leur époque. Les connaissant, il suffit de chercher parmi les milliers de vignerons qui exercent leur art dans les pays du bassin méditerranéen, ceux dont les méthodes sont les plus approchantes, voire identiques. Pour le reste, c'est-à-dire les procédés abandonnés de nos jours, seule l'expérimentation peut apporter quelque éclairage.

Dans cet ouvrage, Michel Bouvier, après avoir retrouvé un certain nombre de ces méthodes anciennes et en particulier celles faisant appel à diverses plantes utilisées par les Grecs et les Romains pour protéger, voire améliorer leurs vins, nous décrit un grand nombre d'essais réalisés dans la durée, avec souvent des résultats impressionnants. Aboutissement de longues recherches, ce livre, érudit et très vivant, animé par l'enthousiasme de la découverte, nous rappelle comment l'homme a su, à travers les siècles, préserver, en enrichissant ses connaissances sur le vin, un rapport harmonieux avec la nature.

Biographie de l'auteur

Voici maintenant plus de vingt cinq ans que Michel Bouvier s'est investi dans l'histoire de la vigne et du vin. Il a transformé ce qui était au départ un passe-temps au soleil de Provence (les cuves à vin rupestres du Lubéron), en une véritable passion, puis en une réelle spécialité. Ainsi stimulé par ses découvertes il est devenu archéologue de la vigne et du vin. Il est membre de l'association de reconstution romaine Pax Augusta  de Lyon (voir leur site : http://www.paxaugusta.net/4Viecivile/41cadreoenologie.htm)

 

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