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Civilisations antiques, grecques et romaines: actualités et découvertes

Les actualités du monde antique : découvertes archéologiques, parutions d'articles ou de livres expositions, actualités des musées, informations et médias sur les civilisations anciennes, grecques et romaines

Une épave romaine découverte à Antibes

Publié le 30 Juin 2012 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Antibes est l’antique Antipolis, comptoir grec fondé à une date incertaine par les Phocéens de Massalia à partir du IV ème siècle avant notre ère.

La prospérité de la cité grecque puis romaine repose notamment sur son port bien protégé,  le dynamisme de son commerce maritime, sur la transformation des produits de la mer, les salaisons de poissons et la fabrication de garum (sauce à base de poisson, très prisée dans la cuisine antique).

Dans le cadre de fouilles préventives au Pré-aux-Pêcheurs, une équipe de l'INRAP et de chercheurs  explorent depuis plusieurs semaines, sur 5 000 m², le fond du bassin portuaire antique qui s’est progressivement ensablé.

Véritable dépotoir, il livre quantité d’objets – déchets rejetés depuis les bateaux au mouillage ou pièces de cargaison perdues lors des transbordements – et témoigne de la vie quotidienne des marins et du commerce maritime.

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Couche archéologique dans le fond du port renfermant de nombreux objets - © Rémi Benali/Inrap

 

Les couches de mobilier archéologique se succèdent depuis le IIIe siècle avant notre ère jusqu’au VIe siècle de notre ère, soit 700 ans. Coulés dans les eaux de l’anse Saint-Roch, plusieurs dizaines de milliers d’objets de toutes sortes ont d’ores-et-déjà été exhumés, notamment des marchandises en provenance du pourtour du bassin méditerranéen. À eux seuls, ils illustrent le dynamisme du port antique et du commerce dans cette partie de la Méditerranée.

Ainsi, tandis que les niveaux romains les plus profonds contiennent plutôt des restes d’amphores italiques (Étrurie, Campanie), de Bétique (Espagne) ou de Narbonnaise (Sud de la France), les niveaux suivants contiennent des débris d’amphores d’Afrique du Nord. 

Conservés en contexte humide, de nombreuses matières périssables se trouvent bien conservées :  bouchons de liège d’amphores, des aiguilles en os, semelles de chaussure en cuir, éléments en bois d'acastillage, et même un petit autel portatif en ivoire et argent, finement sculpté et ajouré.

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Amphore reposant sur le sable du port antique - © Rémi Benali/Inrap

 

L'épave d'un navire marchand  romain du IIe  siècle mis à jour ces dernières semaines dans le port antique d'Antipolis : une découverte archéologique exceptionnelle

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L'épave romaine - © Rémi Benali/Inrap

Outre un site archéologique déjà majeur, ll vient de livrer aux archéologues une coque de navire romain large de 8 mètres pour 14 de long, et qui dépassait probablement les 20, voire 25 mètres à l’origine. Un véritable "cargo" de l’Antiquité, naviguant dans toute la Méditerranée et qui a sombré là, pour des raisons qui restent à déterminer.

Ce qui est certain, c’est qu’une fois au fond, sous 1,30 mètre d’eau seulement, il a été protégé par une mince couche de sable et de limons durant près de deux millénaires. 

 Il  subsiste du navrire une partie de la carène, depuis la quille jusqu’au dessus du bouchain. Les techniques de construction utilisées sont typiquement romaines, le bordé étant assemblé par tenons et mortaises.

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Le système d'assemblage par tenons et mortaises typique de l'architecture navale gréco-romaine. Source M. Rival, CNRS/CCJ

Sa datation sera précisée prochainement mais les céramiques récoltées sur l’épave livrent déjà une fourchette chronologique : les IIe-IIIe siècles de notre ère. Sa provenance est également inconnue et sa cargaison manque.

Les raisons de son naufrage sont pour l’heure inconnues : a-t-il été jeté à la côte lors d’une tempête ? Abandonné au pourrissement dans ce recoin du port ? Coulé volontairement pour servir de base à un appontement ? La suite des investigations apportera la réponse.

 

Voir les reportages video  sur la découverte

Ville d'Antibes :

 

(France 3) 

 

Video des derniers relevés et photogramétrie de l'épave (aout 2012 -plein sudtv)



 

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Archeothema juin 2012 : Vercingetorix, le chef gaulois qui défia César

Publié le 25 Juin 2012 par Gellius dans Actualité lecture

Dans les kiosques, un numero spécial d'Archeothema de juin 2012,

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Avec au sommaire :

archeothemajuin2012

  • Les Gaules entre César et Tibère
  • L'aristorcratie averne au temps de Vercingetorix
  • Vercingetorix aux deux visages
  • Le portrait de Cesar
  • L'armée gauloise et la tactique militaire de Vercingétorix
  • Le siège de Gergovie
  • L'Alesia de Vercingetorix , le regard de l'archéologie
  • L'archeologie du siège d'Alesia dans les collections du musée d'archéologie nationale
  • L'aristocratie gauloise après Alesia

Pour feuilleter le numero : cliquer ici

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Six sépultures gallo-romaines exceptionnelles révélées à Marquion-Sauchy-Lestrée (Nord Pas de Calais)

Publié le 24 Juin 2012 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Sur l'emprise du projet de Canal Seine Nord, à Marquion-Sauchy-Lestrée, les archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) viennent de découvrir six sépultures gallo-romaines monumentales, datées de la fin du Ier siècle et du début du IIe siècle.

Des tombes à hypogée « exceptionnelles », puisque profondément enfouies. Certaines ont été creusées à six mètres. 

Les équipes de l'Inrap ont d'abord repéré les fondations calcaires d'un bâtiment, dont le mur extérieur délimitait une parcelle de six cents mètres carrés. « À l'intérieur, on a trouvé deux pièces avec des fondations calcaires, de vingt-cinq mètres carrés chacune. Elles étaient surmontées de monuments de type mausolée. C'est inédit dans nos régions », décrit Claire Barbet, responsable du chantier archéologique .

Sept chambres souterraines ont été mises au jour, dont six situées sous les imposants monuments disparus, près de l'ancienne voie romaine Arras - Cambrai.

Les  archéologues ont dégagé des marches menant aux chambres funéraires et les couloirs d'accès, jusqu'aux niches.

Trois de ces sept chambres, où étaient amenés les restes d'incinération, ont été pillées. Les autres ont révélé du mobilier d'accompagnement abondant : du cuir, du bois , des ornements en bronze, un bout de tissu avec des fils d'or brodés ». Parmi les offrandes au défunt, ont été découverts des céramiques, des monnaies de bronze, des verreries, des restes osseux d'animaux, mais aussi des pièces métalliques liées au culte du foyer avec un gril, un trépied, un chaudron, des fourchettes, des couteaux, et d'autres liées au culte des ablutions purificatrices : un bassin en céramique ou en bronze, des fioles à parfum...

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Une des tombes découvertes : associés aux restes incinérés du défunt, de très nombreux offrandes :flacons de verre, céramiques , petits objets de métal, nourriture , ... Photo INRAP © Dominique Bossut

Autre belle curiosité : « une coquille Saint-Jacques en bronze, applique de décor sur du bois ».

Des chambres étaient coffrées. Non loin de là, une villa gallo-romaine...

Les éléments récupérés laissent à penser que les sépultures étaient destinées à des Nerviens de haut rang. L'an dernier, une villa gallo-romaine a été découverte, à environ deux cents mètres des sépultures. Les défunts étaient-ils les habitants de la villa ? Des sépultures d'inhumation (avec restes osseux, clous de cercueils, traces de bois et parfois cuirs de chaussures) ont été découvertes dans le même secteur, correspondant à une autre époque : le IVe siècle.

•Voir deux  video de presentation détaillée sur les découvertes :

 

Video INRAP (© Céline Production - Inrap - 2012)

 

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