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Civilisations antiques, grecques et romaines: actualités et découvertes

Les actualités du monde antique : découvertes archéologiques, parutions d'articles ou de livres expositions, actualités des musées, informations et médias sur les civilisations anciennes, grecques et romaines

Dossier d'archeologie juin 2012 : les forums romains

Publié le 11 Juillet 2012 par Gellius dans Actualité lecture

Disponible en kiosque , le dossier d'archeologie du mois de juillet 2012 aux éditions Faton : les "forums romains" : un outil indispensable pour comprendre le site complexe des vestiges du forum antique de Rome . 

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Au sommaire :

  • la gloire des empereus, les forums de Rome de cesar à Trajan
  • le forum romanum, de Cesar à Domitien 
  • les forums dans le tissu et le paysage urbain
  • histoire du site et histoire des forums imperiaux
  • le forume de Cesar et le temple de Venus Genitrix
  • le forum d'Auguste et le temple de Mars
  • les Flaviens et les deux complexes monumentaux dédiés à la paix
  • le forum de Trajan
  • la place des forums dans l'histoire architecturale romaine
  • les marbres des forums impériaux
  • le répertoire décoratif et symbolique des forums impériaux
  • la stérilisation du coeur de l'urbs
  • les forums de Rome et de l'Empire
  • la vie religieuse sur les forums

 

Pour feuilleter le magazine : cliquez ici

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Decouvertes archéologiques : deux tombes de riches romains de la fin de la fin d'Empire à Jaunay-Clan(87), exposées à Poitiers (Musée Sainte Croix)

Publié le 11 Juillet 2012 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Depuis la fin 2011, deux tombes romaines de la fin de l'Empire ont été découvertes à Jaunay -Clan, ville antique répondant au nom de Gelnacum (dans la Vienne à proximité de Poitiers) . Elles ont fait font l'objet de fouilles trés méticuleuses conduites par Archeodunum qui viennent de s'achever.

Les  archéologues  ont découvert les fondations d'un mausolée et mettent au jour deux sarcophages qui dateraient selon, Maxence Segard, archéologue d'Archéodunum, de la fin de l'époque romaine, entre le IIIe et le Ve siècle. «Le problème de cette fouille, c'est qu'il n'y a pas d'offrandes ou encore d'objets qui permettraient une datation plus fine. On va donc procéder à une datation au carbone 14. »

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Vue aerienne des fondations du mausolée renferment les deux sarcophages et les cerceuils de plomb (copyright Archeodunum SAS).

Brisé en deux, le couvercle de l'un des deux sarcophages laisse entrevoir un cercueil de plomb. « Il était parfaitement conservé et surtout scellé. Nous l'avons ouvert et décidé d'arrêter les fouilles pour les reprendre au printemps, le temps de réunir un certain nombre de spécialistes comme des anthropologues, paléopathologistes, archéo-entomologistes, etc. » et de fouiller le site sous un abri, compte-tenu dela fragilité des vestiges mis au jour.

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Fouilles de la sépulture de l'adulte - copyright Archeodunum SAS

Les corps d'un sexagénaire et d'un adolescent  , riches gallo-romains de la fin de l'Empire

En effet, si la découverte des sarcophages n'est pas exceptionnelle, explique-t-il encore, celle des deux cercueils et de leur contenu, l'est beaucoup plus. « A l'exception d'une chaussure, de restes de textile, ce qui est relativement exceptionnel, nous n'avons trouvé aucun objet métallique, mais il restait sur l'un des squelettes, des tissus organiques, c'est très peu fréquent. Nous sommes parvenus à établir que l'un des défunts était âgé d'au moins 60 ans et que l'autre pouvait être un (ou une) adolescent(e). » . La conservation de fragiles fragments de textiles et de cuir a été permis par l'étanchéité des cercueuils en plomb à l'abri de l'air,  comme pour les découvertes exceptionnelles des Dames de Naintré , à une dizaine de kilomètres au Nord de ce site, mises au jour en 1997.

« Pour la fin d'Antiquité, on s'attendait à trouver des offrandes comme à Naintré. La présence d'un mausolée, les textiles de grande qualité indiquent une certaine aisance et renseignent sur des pratiques funéraires. ». Serions-nous en présence de la dernière demeure de premiers chrétiens ? Maxence Segard n'écarte pour l'instant aucune hypothèse, « cette découverte demande des études approfondies. »  

 

Exposition  "Amor à mort" du 16 mai 2012 au 4 novembre 2012 au musée de sainte-Croix- Poitiers

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Parallèlement aux analyses pratiquées dans différents laboratoires de l'Hexagone,  les deux sarcophages ainsi que les cercueils qu'ils renfermaient ont été transportés au musée Sainte-Croix de Poitiers. Ils seront présentés lors de l'exposition « Amor, à mort » qui a débuté depuis le 16 mai 2012.

Il s'agit d'une exposition consacrée aux tombes remarquables du Centre Ouest de la Gaule. (IIe av. J.-C. - IVe apr. J.-C.). Cette exposition sera l'occasion de découvrir, les si mystérieuses et richement habillées Dames de Naintré, découvertes en 1997 dans une sépulture située dans une carrière de Laumont dans le Châtelleraudais.

Dès le milieu du I er siècle avant J.-C., les modes de sépultures destinées aux élites de la société gallo-romaine évoluent considérablement. Deux grands types de tombes se distinguent dans le Centre-Ouest de la Gaule :

  • L’une, provenant d’une tradition indigène, consiste à doter la sépulture d’un riche mobilier illustrant la magnificence de la cérémonie funéraire et des banquets sans nécessairement matérialiser la tombe au sol.
  • L’autre, respectant des traditions hellénistiques et romaines, monumentalise les tombeaux en utilisant une architecture sophistiquée ou un décor sculpté élaboré.

Le mobilier funéraire

Ces sépultures aristocratiques des élites gauloises renferment un mobilier très riche comportant de la vaisselle de table, notamment un service à vin avec des amphores vinaires, un service de libation, des armes et parfois même des accessoires de toilette.

Les sépultures

 La scénographie présentera la sépulture d'un gaulois de Saint-Georges-lès-Baillargeaux , le dépôt ou cénotaphe d'Antran , quelques tombes particulières de la nécropole des Dunes à Poitiers , l'ensemble funéraire de l'Houmeau installé dans un bâtiment viticole , et enfin les très exceptionnelles, et très attendues, sépultures des « Dames de Naintré » déposées habillées de soie et d'or.  

Renseignements pratiques : site du musée Sainte Croix

 

Les tombes fastueuses des "Dames de Naintré" 

Ces tombes, présentées pour la première fois au public ,  sont au coeur de l'exposition 'Amor à mort' et pour cause! 

Découvertes par hasard en 1997 lors de travaux de terrassements dans une carrière, deux caveaux maçonnés abritaient cachun  sarcophages en pierre. Ces tombeaux abritaient les corps d'une femme adulte et d'un enfant, probalement une jeune fille , également conservées dans des cercueuils en plomb  . Rien ne prouve qu'il s'agisse d'une mère et de sa fille, mais leur niveau social très élevé ne laisse aucun doute. Ces topmbes sont datées du iV ème siècle après JC. 

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Le caveau de l'enfant de Naintré - © Bernard Farago-Szekeres, Inrap

 

Cette découverte est exceptionnelle par les conditions de conservation qui ont régné dans les cerceuils en plomb et permis la conservation de témoignages touchants d'objets rares car habituellement périssables : sandales en cordes, vannerie, bouqets de fleurs, et surtout une grande quantité de tissus précieux, parmi lesquels une extraordinaire tapisserie d'or, de soie , de pourpre...

Dans le caveau  de l'adolescente,  des offrandes exceptionnelles et rares,  et des objets quotidiens de luxe :

 - Au pied du sarcophage :

  • série d'au moins cinq vases en verre, en partie écrasés par la chute des cintres de la voûte ;
  • tablette à écrire en ivoire ;
  • bassin ovale en bronze, probablement entouré d'une enveloppe en vannerie ;
  • série d'anneaux en bronze.

- Dans le caveau, à la tête du sarcophage :

  • petit coffre en bois, la "boite à trésor" de la petite fille ,  contenant un coffret à décor, charnières et serrure en bronze. Ce coffret a livré quatre fioles à parfum en verre contenant encore des restes végétaux. A côté, une touchante collection de coquillages marins et un beau galet ramassés sur la côte atlantique de Charente Maritime , une douzaine de curieux pieds de verre (réutilisés en jeton?) , deux pièces de vaisselle miniature, une série de coupelles en bronze contenant des dépôts carbonisés, une cuillère à fard, un peigne en os, un miroir en bronze étamé, un couvercle en plomb, une tablette à écrire en ivoire, des médaillons en bronze et des éléments de vannerie, et enfin une tête en bronze.

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Contenu du petit coffre en bois de l'enfant - © B. Farago, Inrap

A côté du coffre, une cruche en céramique, une hache polie néolithique (talisman?), des pièces de jeu en pâte de verre. 

- Sur le couvercle du cercueil en plomb , une brassée de fleurs a été déposée avant la fermeture du sarcophage en pierre.

- Dans le cercueil en plomb : un corps d'enfant d'une douzaine d'année,  entièrement vêtu et voilé. Au moins six pièces d'étoffres ont été décomptées. Les jambes de l'enfant étaient emmaillotées dans des bandes de toiles végétales . Le corps était enveloppé, de l'épaule droite à l'aisselle gauche et jusqu'au pied par une magnifique tapisserie d'or, soie et pourpre, qui evoque plus un tissu de décor qu'un vêtement. Vient ensuite une sorte  tunique cousue de fil d'or recouvent également le coprs des épaules aux pieds.

Une  coiffe enserre la tête et plusieurs épaisseurs d'un damassé en soie viennent enfin recouvrir tout le corps .

Deux autres vêtements, dont une tunique, sont également déposés sur le pieds. Entre ceux ci, un sac de poivre (importé d'Inde , épice très précieuse) et une datte

Tous ces objets dont plusieurs  ont été importés de très loin, valaient une véritable fortune à l'époque !

 

Comparativement, la  tombe de la femme adulte est mois richement dotée : deux paires de sandales en sparterie, une cruche en bronze, une amphore orientale ou africaine et également quelques fragments de tissus.

 

Lire aussi dans ce blog : Découvertes archéologiques à Poitiers ,  un singe enterré dans un enclos funéraire romain. 

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Vient de de paraître : "L'affirmation de la puissance romaine en Judée (-63 a.C. /136 p.C.)"

Publié le 11 Juillet 2012 par Gellius dans Actualité lecture

Vient de paraitre, aux éditions Belles Lettres,  un bel ouvrage de référence,  sur l'histoire mouvementée de la Judée et de l'Empire romain, que nous propose Gilbert l'Abbé : "L'affirmation de la puissance romaine en Judée (63 a.C.-136 p.C.)". Il s'agit d'un ouvrage spécialisé , mais très bien écrit. Il s'adresse aussi bien à 'historien, qu'à l'étudiant ou "l'amateur éclairé". 

 

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De la conquête de Pompée (-63 avant JC) au temps de Cicéron à l'écrasement de la révolte de Bar Kokhba sous Hadrien (136 après JC), la Judée est restée un sujet de préoccupation pour Rome. Il s'agissait pourtant d'un territoire relativement mineur aux confins de l’empire. Il y eut pendant ces deux siècles des périodes d’affrontement et des périodes d’apaisement. Néanmoins, au fil des révoltes, suivies, comme toujours, de répression, le particularisme judéen a été politiquement anéanti, la Judée devenant une province ordinaire et perdant, fait exceptionnel, jusqu’à son nom.

Ce processus historique est traité à grands traits en une approche décidément structurelle. L’analyse, qui englobe la situation concédée par Rome aux dynastes hasmonéens et hérodiens, se fonde largement sur l’étude des titres et pouvoirs dévolus aux différents acteurs, et notamment aux gouverneurs romains de rang équestre, d’Auguste à Néron. Ce furent assurément des préfets pendant au moins l’essentiel de la période, puis, peut-être, des procurateurs, et, dans ce cas, probablement à partir de Claude, vers 52 de notre ère seulement. Ces hommes n’ont eu à leur disposition que des troupes auxiliaires, aux faibles effectifs : c’était encore l’époque de l’autonomie en pays judéen, même pour le prélèvement des impôts. Les chevaliers romains chargés de la Judée ont toujours été sous la dépendance du légat de Syrie, personnage consulaire et seul détenteur de l’imperium.

Avec la grande révolte de 66 et la destruction du Temple par le proconsul Titus, une nouvelle période s’est ouverte, le pays, maintenant constitué en province régulière, étant confié à des sénateurs, d’abord de rang prétorien. Masada, la dernière place forte des Siccaires, a été prise à la suite d’un siège rapide et d’un assaut direct. Le suicide des derniers défenseurs est à présent mis en doute, paraissant réfuté par l’archéologie. De récentes données épigraphiques montrent que l’armée romaine en Judée, sous les Flaviens, était nettement plus puissante que l’on ne l’avait supposé. La guerre contre Bar Kokhba a été rude : l’empire romain, également sollicité en Bretagne, a dû mobiliser toutes ses ressources pour l’emporter, cette fois définitivement. En 136, Hadrien étant Imperator II, la Judée est devenue province de Syrie-Palestine.

 

Biographie de l'auteur : Ancien élève de l'École Nationale Supérieure des Bibliothèques, Gilbert Labbé est historien de formation. Ancien Conservateur en chef à l’Université Bordeaux 3, docteur en histoire, langues, littérature anciennes, il porte un intérêt particulier aux institutions politiques et militaires romaines.

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Lire aussi dans ce blog dans la rubrique Découvertes archéologiques:

- les souterrains de Jerusalem durant la première guerre judeo-romaine (66-73 apr JC)

- les thermes romains de la Legion X fretensis à Jerusalem.

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