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Civilisations antiques, grecques et romaines: actualités et découvertes

Les actualités du monde antique : découvertes archéologiques, parutions d'articles ou de livres expositions, actualités des musées, informations et médias sur les civilisations anciennes, grecques et romaines

Des coiffures de femmes romaines reconstituées à partir de momies d'Egypte

Publié le 10 Mai 2013 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Une équipe de chercheurs canadiens ont récemment publié (dans RSNA RadioGraphics)la reconstitution en 3D de coiffures de deux femmes de l'empire romain , à partir de momies de l'Egypte romaine découvertes au XIX ème siècle sur le site d'Hawara  (Fayoum) et de Thèbes antique (Louxor actuelle) .

C'est également dans la nécropole du Fayoum qu'ont été découverts au XIX ème siècle , peints sur les cercueils, les célèbres portraits qui donne  une image réaliste la population du site entre le Ier et le IV ème siècle de notre ère (plus de 1000 portraits établis du vivant des personnes) .

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Portrait d'une femme romaine du Fayoum - II ème sicèle apres JC 

Cette fois, il s'agit de reconstitution scientifiques  de visages et de coiffures antiques  qui ont été réalisées à partir des techniques issues de la police scientifique , techniques dont le réalisme des reconstitutions est saisaissant.

Une jeune femme romaine du II ème siècle après JC 

La premiere momie est celle d'une jeune femme de vingt ans, d'un taille d'un 1,60 m, dont les causes de la mort ont peut être été provoqué par une curieuse blessur à l'abdomen , percé de 3 trous de 3-4 mm disposés en trinagle. Cette momie , dont le nom est incounnu, a été  trouvée dans un très beau sarcophage conservé au Redpath Museum :

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Sarcophage de la jeune momie - source Nicolas Morin- McGill University

Elle est datée de la  la moitié du II ème siècle apres JC. Cette jeune femme est issue d'un milieu aisé, si l'on en juge par son sarcophage et la coiffure complexe de sa chevelure brune : il s'agit d'une coiffure typique de la moitié du II ème siècle après JC ou de fines tresses sont amenées sur le haut de la tête vers un tutulus ( chignon). 

 

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Reconstitution 3D de la jeune romaine d'Egypte du II ème siècle après JC - Source Victoria Lywood - J.A. College

Ce qui est intéressant, c'est de retrouver aux confins orientaux de l'Empire romain, le portrait de cette jeune romaine dont la coiffure est directement inspirée d'une mode impéraile de l'époque , si l'on en juge par une répresentation courante de l'impératrice Faustine la Jeune , au milieu du II ème siècle (soit au même age que la momie). Il s'agit de l'épouse de l'empereur Marc - Aurèle;, et mère du non moins célébre empereur Commode.

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Aureus (pièce d'or) représentant Faustina la Jeune (145 ap JC) 

 

Une matrone aux cheveux blancs du III ème / IV ème siècle de Thèbes

Une autre momie recontituée provient de la ville antique de Thèbes, et plus agée cette fois (environ 60 ans, ce qui est un age respectable pour l'époque) et qui faisait également 1,60 m.La momie a été datée de 200 ans plus tard, au bas empire romain (datation carbone 14 entre 230 et 380 après JC) , à une époque où l'Egypte devient un centre important pour la religion chretienne et où la momification est une pratique qui se fait de plus en plus rare.

Cette femme avait les cheveux blancs et de sérieux problèmes dentaires, plusieurs dents lui manquaient et elle souffrait d'affligeants abcès.

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Reconstitution 3D de la matrone de Thèbes du III-IV ème siècle - source Victoria Lywood - J.A. College

 

 

 

 


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Exposition : Une Odyssée gauloise : premiers échanges entre la Grece et la Gaule- Musée de Lattara (34) du 2 avril 2013 au 12 janvier 2014

Publié le 6 Mai 2013 par Gellius dans Actus des musées

"Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage..." (Du Bellay).

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C'est une très belle exposition et un beau voyage  que nous présente le musée de Lattara-Henry Prades (agglomération de Montpellier) en 2013, sur un thème original : elle évoque les explorations et les premières routes commerciales à l’origine des premiers échanges entre la Grèce et la Gaule du Sud entre le VII ème et le Vème siècle avant JC (correspondant à la "période archaïque" pour La Grece et au Ier age du fer - "Halstatt" pour la Gaule).

Plus de 400 objets exposés, permettent de retracer ces parcours complexes d’un bout à l’autre du monde connu des Grecs, du cœur de l’Europe celtique jusqu’au Caucase.  Cette exposition est labellisée d'intérêt national par le ministère de la Culture. 

 

 

Le nord-ouest de la Méditerranée était un des nombreux horizons atteints par les Grecs au VIIème siècle avant JC, horizons qui s'étendaient de l'Egypte à la mer Noire et jusqu'au détroit de Gibraltar, alors qu'Homère venait de rédiger quelques décennies auparavant l'Illiade et l'Odyssée.

 

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© Musée Henri Prades - Lattara

 

Les Grecs cherchaient dans le sud de la Gaule et en Iberie  des produits rares, comme le cuivre pour la fabrication du bronze, l'or, mais aussi l’ambre, lui même importé par les gaulois depuis l'Europe du Nord. Les Grecs pensaient que l'ambre était créée par les derniers rayons du soleil solidifiés dans l’Océan. Ils  croyaient aussi  trouver en Gaule  les peuples des confins septentrionaux du monde, comme les bienheureux Hyperboréens, et la descendance du Soleil : les Héliades.

Rapidement, les communautés indigènes du Languedoc et les cités grecques de la Sicile méridionale furent reliées par un réseau complexe d’échanges maritimes à travers lequel circulaient des hommes, du métal, des parures féminines, mais aussi des rituels d’hospitalité, des pratiques religieuses et des conceptions du monde.

Il n'est pas aisé de se faire une idée précise des populations gauloises qui furent les premières en contact avec les explorateurs grecs. Les nécropoles gauloises datant de 650 à 550 avant JC nous permettent d'entrevoir les objets, parures et ornements qui constituaient les richesses des aristocrates gaulois.

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Tombe aristocratique de Mailhac ( Aude) VII eme siècle : mors de chevaux - photo Gellius

Les tombes féminines renferment de très riches et lourdes parures en bronze, or, ou ambre. A cette époque, les femmes semblent avoir une importance particulière dans la société. L'exposition nous présente de somptueuses  parures provenant du Centre, de l'Est ou du Sud de la France du premier age du Fer  :

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12 bracelets de jambes - dépôts de bronze de Dixmont (Yonne) - VI eme siècle avant JC. Photo Gellius

 

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Collier en ambre ( Europe du Nord) et de corail , grande Cyprée de la Mer Rouge,  de Nordhouse datant du Vi éme siècle avant JC  - Musée de Strasbourg - photo Gellius 

 


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Scene d'habillement et de mise en place des parures d'une aristocrate gauloise pour son mariage au Vi ème siècle avant JC - © Musée Henri Prades - Lattara

La route commerciale qui s'établit entre les colonies de Sicile et la Gaule du Sud au VII ème siècle peut être reconstituée à partir de fragments d'objets gaulois en bronze du Centre et du Sud  de la Gaule, d'abord retrouvés associés à des vases grecs dans tombes des nécropoles  du Languedoc ( Adge, Béziers, Mailhac..) puis dans l'épave de Rochelongue à Adge (début VIème siècle avant JC) et enfin dans l'agora de Selinonte en Sicile.

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      Reconstitution d'un bateau grec de la période archaique, à partir des épaves Jules Verne de Marseille - VII ème siècle  - photo Gellius

 

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Nécropole de la Courandelle - Beziers - VII ème siècle - Skyphos  de type grec se trouvant au milieu d'objets  de bronze gaulois - photo Gellius

Au delà de Selinonte, les objets gaulois se retrouvent dispersés dans de nombreuses autres cités grecques de Sicile: Agrigente, Gela, Megara Hyblae, et notamment dans les sanctuaires grecs  dédiés à Koré et Demeter, dieux de l'agriculture.  Ces dépots votifs grecs sont curieusement constitués de volume important de bronze, sous forme de lingots ou d'objets non grecs, y compris d'indigènes de Sicile.

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Sicile - restes de pratiques rituelles grecques - une coupe grecque remplie de 18 galets, de 7 astragales (osselets) et 2 épingles - photo Gellius


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Sicile - dépôt de bronze du Mendolito VII ème siècle : pointe de lance, astragales, anse de chaudron...- Musée de Syracuse - photo Gellius 

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Sicile - dépot de l'Agrora de Selinonte - VI ème siècle avant JC- charniere en forme de lion d'un infundibulum etrusque(passoire-entonnoir servant à tranvaser le vin dans un pichet) 

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Sicile - Bouqueton de Gela : bouton de harnachement provenant des plaines d'Anatolie VII- VI e siecle avant JC 

Ces routes commerciales entre la Gaule et le sud de la Sicile vont se maintenir pendant le VI ème siècle . Elle contribueront à l'essor économique de la Sicile, au renforcement et l'enrichissement des élites de Gaule du Sud. 

Toutefois l'arrivée des Massaliètes (colonie grecque à l'origine de Marseille) et des Etrusques dans les échanges mediterranéens vont perturber ces équilibres et faire progressivement disparaitre la route commerciale entre le Languedoc et la Sicile. D'autres voies commerciales vont se renforcer entre le monde méditérannéen  et le monde celtique, comme la vallée du rhône maitrisée par les Massaliètes ou les cols alpins maitrisés par les Etrusques.

Enfin, à partir de 540 avant JC, la méditerannée occidentale est dominée par des puissances maritimes affirmées comme Carthage, l'Etrurie et  Massalia . La production de vin et de céramique est diffusée de plus en plus dans le sud de la Gaule. Il n'y  a plus vraiment de  place pour les aventures maritimes des pionniers grecs qui s'étaient maintenues du VII eme à la première moitié du VI ème siècle. 

 

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Amphores étrusques - fin du VI eme siècle avant JC- Epave du Grand Ribaud- Hyères - photo Gellius

 

En Sicile, on observe de nouveaux cultes de dévotions, dont les bronzes sont exclus. 

 Dans le sud de la Gaule, les équilbres sociaux et familiaux changent. Les panoplies militaires sont de plus en plus nombreuses dans les nécropoles à la fin du VI ème siècle, traduisant peut être une réponse des indigènes aux pressions de plus en plus fortes exercées par les nouveaux arrivants .

La présence des femmes dans les nécropoles et de leurs magnifiques parures de bronze massif se font de plus en plus discretes. La tombe de la princesse de Vix (Cote d'or) , avec notamment son énorme cratère de bronze fabriquée dans une colonie grecque d'Italie du Sud, constitue une des dernières manifestations de cette lignée aristocratiques de femmes d'exceptions. 

 

Plus d'informations :

Le catalogue de l'exposition est disponible : pour le commander sur Amazon , cliquez ici .

Pour tous les renseignements pratiques : le site web du musée de Lattara

Enfin les collections permanentes antiques du musée valent aussi largement le détour (période gauloise, étrusques et romaines du site de Lattara notamment) ! 

 

 

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