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Civilisations antiques, grecques et romaines: actualités et découvertes

Les actualités du monde antique : découvertes archéologiques, parutions d'articles ou de livres expositions, actualités des musées, informations et médias sur les civilisations anciennes, grecques et romaines

Articles avec #decouvertes archeologiques catégorie

Le "mur de l'Atlantique" à l'époque romaine : mise au jour des remparts du castellum à Brest

Publié le 21 Février 2016 par Gellius dans Découvertes archeologiques

La ville de Brest a été presque entièrement détruite durant la seconde guerre mondiale. Toutefois quelques secteurs ont conservé les vestiges de la ville historique. Ainsi le musée de la marine se situe dans une forteresse de Vauban, mais qui s'appuie sur les fondations beaucoup plus ancienne du castellum romain datant du III ème siècle .

Profitant de la traditionnelle fermeture du musée de la Marine, l'Institut national de recherche archéologique préventive (Inrap) a procédé à des sondages dans le soubassement du château.

« Les archéologues ont été impressionnés par la maçonnerie mise en oeuvre par les Romains », commente Hervé Bedri, responsable du patrimoine historique de la Marine à Brest.

« Le castellum, qui date du IIIe siècle après Jésus-Christ, comprenaient des tours de 10 à 12 mètres de haut , poursuit le responsable du patrimoine. Leur soubassement était en pierre. Ce sont des vestiges absolument remarquables, avec une épaisseur de près de deux mètres. C'était de la très belle ouvrage qui devait impressionner l'ennemi ! »

Vue des sondages archéologiques au pied du château de Brest-  Copyright Musée de la Marine/J-Y Besselièvre

Vue des sondages archéologiques au pied du château de Brest- Copyright Musée de la Marine/J-Y Besselièvre

Cette forteresse romaine à l'estuaire de la Penfeld, le "castellum osismis" (les Osismes étaient le puissant peuple gaulois qui occupait la pointe de Bretagne) faisait partie du système défensif martime, tenu par la Tractus Armoricanus et Nervicanus , administration militaire du bas Empire romain , dirigée par un Dux et créée en 370 de notre ère.

Ce système défensif côtier courrait de Gironde jusqu'à la Belgique, et constituait un véritable " mur de l’Atlantique" de l'époque romaine, destiné à protégée à la fois le trafic maritime de la piraterie et à la fin du IVème siècle des incursions de barbares Irlandais , Saxons et autres pillards parcourant la Manche et l'Atlantique .

Le Tractus Armoricanus et Nervicanus et le reste du litus Saxonicum : système défensif maritime romain  de la fin du III ème siècle

Le Tractus Armoricanus et Nervicanus et le reste du litus Saxonicum : système défensif maritime romain de la fin du III ème siècle

Le castellum osismis de Brest était défendu par une troupe auxiliaire d'élite , composée d’environ un millier d'hommes.

Il s’agissait de cavaliers maures, appuyés par une petite flotte la Classis armoricana ou flotte armoricaine.

Cette troupe, originaire d'Afrique du Nord , appelée les maures osismiaques (Mauri Osismiacorum) , était commandée par un préfet (Praefectus militum).

Le décor du bouclier des troupes romaines stationnées à Brest : les Maures Osismiaques    ( source Notitia Dignatum- IVème siècle) : ce décor reprend un motif celte

Le décor du bouclier des troupes romaines stationnées à Brest : les Maures Osismiaques ( source Notitia Dignatum- IVème siècle) : ce décor reprend un motif celte

Cavalier maure du Bas Empire romain

Cavalier maure du Bas Empire romain

Pour ceux qui veulent en savoir plus, voir l'ouvrage de de Patrick Galliou de mars 2015 , sur cette historie méconnue de la fin de l'Empire romain, à la pointe de la Bretagne :

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Découverte archéologique : sur les traces des proches d'Alexandre le Grand à Amphipolis

Publié le 24 Août 2014 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Le Lion d'Amphipolis, vestige d'un monument funeraire d'un personnage macedonien important
Le Lion d'Amphipolis, vestige d'un monument funeraire d'un personnage macedonien important

C'est un suspense pour tous les passionnés d'archéologie qui dure depuis 2 ans et qui est sur le point d'être levé dans les prochains jours.

En 2012 était en effet découvert, nom loin de la célèbre statue du lion d'Amphipolis, un tombeau macédonien gigantesque, sous la forme d'un tertre circulaire de 497 de diamètres de plus d’une dizaine de mètre de haut, entouré d'un mur construit en marbre de Thasos. Faute de crédits , les fouilles ont été retardées mais on pu reprendre cette année et s'attire depuis l'attention de tous les médias du monde...

Vue aérienne du tertre découvert à Amphipolis entouré d'un mur de marbre de 400 m de diamètre

Vue aérienne du tertre découvert à Amphipolis entouré d'un mur de marbre de 400 m de diamètre

Découverte archéologique : sur les traces des proches d'Alexandre le Grand à Amphipolis

Datant entre 325 et 300 avant JC , soit juste après la mort d'Alexandre le Grand ,ce tombeau renferme probablement la sépulture d'un puissant macédonien ou d'une ou plusieurs personnes de l’entourage proche de la famille royale.

Alexandre est mort à Babylone en 323 avant JC, et son corps a été enterré à Alexandrie en Egypte, Sa tombe n'a toutefois jamais été retrouvée, mais sa présence y est attestée par de nombreux témoignages antiques.

Sous le règne d'Alexandre le Grand, Amphipolis , est une ville et une base navale importante ; trois de ses célèbres amiraux et compagnons (hétaïroï) se sont installés à Amphipolis : Néarque , Androsthène, et Laomédon.

A la mort du Conquérant , son épouse Roxane , princesse de Bactriane (actuel nord Afghanistan) , mariée après la conquête de la forteresse de son père, et leur jeune fils posthume Alexandre Aigos (Alexandre IV de Macédoine) , viennent s’installer à Amphipolis.

Intrigante et complotant avec Olympias , mère d’Alexandre, dans une guerre de succession fratricide, la guerre des Diadoques, les deux femmes et le jeune héritier sont assiégés à Pydna par le général Cassandre de Macedoine . Contraints de se rendre, Olympias sera lapidée immédiatement en 317 avant JC et Roxane et son fils enfermés à Amphipolis puis assassinés en 310 avant JC.

Découverte archéologique : sur les traces des proches d'Alexandre le Grand à Amphipolis

Lors de la campagne de fouille 2014, l'entrée du tombeau a été découverte, au bout d'une voie empierrée de 4,5 m de large . Gardiens de l'éternité, deux sphinx en vis- à-vis garde l'entrée de la tombe, soutenue par des colonnes ioniennes ornées et nous offrant des décors en peintures en cours de dégagement (ci dessous clichés pris le 2 3/08/2014)

Amphipolis : l'entrée du tombeau en cours de  dégagement, surmontée de deux Sphynx

Amphipolis : l'entrée du tombeau en cours de dégagement, surmontée de deux Sphynx

Découverte archéologique : sur les traces des proches d'Alexandre le Grand à Amphipolis
Découverte archéologique : sur les traces des proches d'Alexandre le Grand à Amphipolis
Mosaïque losangique découverte à l'entrée du tombeau

Mosaïque losangique découverte à l'entrée du tombeau

Deux Caryatides soutenant un linteau de pierre découvert début septembre 2014

Deux Caryatides soutenant un linteau de pierre découvert début septembre 2014

Amphipolis : l'entrée du tombeau et le positionnement des différents clichés ci-dessus

Amphipolis : l'entrée du tombeau et le positionnement des différents clichés ci-dessus

Reconstitution hypothétique du tertre découvert en 2012, surmonté du lion découvert en 1912
Reconstitution hypothétique du tertre découvert en 2012, surmonté du lion découvert en 1912

Les archéologues se prêtent à rêver du tombeau de Roxane et du fils d'Alexandre le Grand, voire d'Olympias ou des compagnons du roi des roi, célèbres amiraux. Le nom du célébre amiral Néarque ayant accompagné Alexandre le Granc jusqu'en Inde est notamment avancé par les archéologues. La statue du lion d 'Amphipolis, elle aussi datée de fin du IV ème siècle avant JC, fut découverte en 1912 dans un cours d'eau en contre bas du site . Elle dominait peut être le sommet du tertre du tombeau .

Si la tombe découverte n'a pas été pillée (mais cela n'est pas exclu notamment à l'époque romaine), nous devrions connaitre ces prochains jours le nom du ou des illustres macédoniens qui ont été inhumés dans ce tombeau hors norme .

A suivre donc prochainement !

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Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Publié le 29 Mai 2014 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

C'est une incroyable découverte qui vient d'être été réalisée par l'INRAP lors de fouilles préventives, à Pont Saint -Maxence (Oise) , à un endroit où le passé gallo-romain est mal connu et n'avait laissé jusqu'à lors que peu de témoignage :

Il s'agit d'un sanctuaire gallo-romain, de la seconde moitié du IIe siècle après Jésus-Christ.

Il est implanté sur des vestiges gaulois, est situé le la voie antique qui reliait deux riches cités gallo-romaines entre Senlis (Augustomagus) et Beauvais (Bellovacum).

© Denis Gliksman/Inrap

Le sanctuaire pour une divinité inconnue

Ce sanctuaire, protégé une enceinte de 70 m x 105 m, possède deux petits pavillons à l’arrière, dont seules les fondations sont conservées. Au centre, la Cella, puissante plateforme maçonnée, est accessible par un escalier en façade. Elle constitue le cœur du sanctuaire où était érigée la statue d’une divinité.

Pour quel dieu ou déesse un tel monument a été construit? Les archéologues n’ont pas encore les réponses. Des inscriptions de bronze qui l’ornaient, seule la barre d’une lettre a subsisté, muette.

Une façade monumentale aux riches décors sculptés et peints

L’entrée du sanctuaire se faisait par une façade monumentale , véritable défi architectural de près de 10 m de haut sur 70 m de long, dimensions exceptionnelles en Gaule romaine. Cette façade était percée d’une série de 13 à 17 arcades, surmontées d’un entablement à frise d'attique.

Cette façade monumentale devait être un magnifique panthéon du monde antique, si on en juge par la richesse de ses décors et des statues préservées, représentées de nombreuses divinités et scènes mythologiques, sans équivalent en Gaule romaine.

Des conditions de conservations exceptionnelles de toute la statuaire, liée à un effondrement de l'édifice quelques années après sa construction, en font un site antique rural exceptionnel. A la fin de l'Empire, la plupart des monuments publics et notamment religieux ont en effet été détruits et les pierres réutilisées dans d'autres monuments ou brûlées dans des fours à chaux .

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Reconstitution de la façade à arcades de 70 m de long pour 10 mètres de hauteur -© Christophe Gaston/Inrap

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

© Denis Gliksman/Inrap

A première vue un chaos de pierre, en réalité une façade monumentale effondrée avec toute sa statuaire de divinités grecques et romaines, de créatures mythologiques (griffons meduses...), d'une profusion de décors végétaux, méandres à grecque,canthares, personnages sur culots d’acanthe...

...

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Tête de méduse à visage d'écailles © Denis Gliksman/Inrap

Venus, Apollon, Diane, Jupiter: la statuaire du panthéon grec et romain

La haute qualité technique de la statuaire, la présence de scènes mythologiques rarement figurées, laisse penser que des artistes de de Rome ou de Grèce, ont œuvré ici.

Au sommet de la façade, un des éléments les plus remarquables est un décor de têtes monumentales (3 fois grandeur nature) aux chevelures complexes, et dont les yeux étaient à l’origine incrustés de pierres colorées. Parmi elles, une tête de Jupiter-Ammon aux cornes de bélier. D’autres dieux et déesses, encore indéterminés, alternent avec des griffons assis aux ailes déployées. De nombreux fragments représentent des attributs divins (paon de Junon, carquois et arc de Diane…) ou des visages de dieux (Vulcain ou Ulysse, Hadès, ...).

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Reconstitution de la statuaire de la façade monumentale © Christophe Gaston/Inrap

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Des traces de peinture sont encore visibles : le rouge cinabre côtoyait le vert et le jaune qui réhaussaient encore l’éclat de l’édifice et des statues.© Denis Gliksman/Inrap.

Ces chefs d'oeuvre respectent les canons de la statuaire hellenistique, avec une technique qui semble encore plus relevée que celle observée sur le temple de Champlieu, distant de 40 km.

Découverte acheologique exceptionnelle : un sanctuaire monumental gallo-romain à Pont-Sainte-Maxence (Oise)

Au sein de l'entablement de la façade, une rare scène mythologique méconnue, racontée par Homère, dans l'Odyssée est représentée par une Vénus accroupie est associée à une tête de vieille femme, très expressive. Cette sculpture rappelle que Vénus, épouse de Vulcain , eut une aventure amoureuse avec le dieu Mars. Après cet écart de conduite, Venus se retira dansles bois. Une vieille dame apprit aux dieux, qui la recherchaient, le lieu de sa retraite. Pour la punir, Vénus la métamorphosa en rocher.

Rare scène mythologique décrite dans l'Odyssée: Venus accroupie et la vieille dame, changée en pierre par la déesse après qu'elle l'eut dénoncée aux dieux.© Denis Gliksman/Inrap

« A la fin du règne d’Antonin, on est à l’apogée de l’Empire », rappelle Véronique Brunet-Gaston, de 'lINRAP responsable du chantier de fouilles. En cette période de Pax Romana particulièrement prospère , de riches propriétaires gallo-romain ont-ils voulu marquer leur dévotion envers le panthéon gréco-romain en élevant un monument en leur honneur ?

Est-ce une manifestation d’évergétisme, cette tradition conduisant les puissants à bâtir pour l’édification de la collectivité ? « Il y a une sorte d’hubris à voir, ici, un monument qui aurait aussi bien eu sa place à Rome », note l’archéologue (dans la moral grecque antique, l'hubris est une sorte de "pêché" de démesure ). .

Malgré la chute de la façade quelques années après sa construction probablement pour des raisons liées au sous-sol, au poids de la structure et de ses fondation, le sanctuaire continuera à être utilisé jusqu'au IV eme siècle.

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Découverte archéologique à Carnuntum (Autriche) : une école de gladiateur, le ludus gladiatorius

Publié le 27 Février 2014 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Une école de gladiature, ludus gladiatorius,détectée en 2011 aux environs de Vienne (Autriche dans la ville romaine de Carnuntum, a été virtuellement reconstituée en 2 D et 3D par une équipe d’archéologues autrichiens, allemands et belges : il viennent  de publier leur résultat dans la revue scientifique "Antiquity" .

 

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Reconstitutions de combats de gladiateurs par Acta au theatre antique d'Orange (photo JL Zimmerman

La caserne de Gladiateurs de Carnutum

En 2011, une équipe de chercheurs de l’Institut Ludwig Boltzmann pour la Prospection Archéologique et l’Archéologie Virtuelle (LBI-ArchPro), a annoncé la découverte d’un bâtiment exceptionnel sur le site romain de Carnuntum (actuelle ville de Petronell-Carnutum en Basse-Autriche), à quelques dizaines de kilomètres de Vienne. 

Le bâtiment a été détecté grâce à des photographies aériennes puis prospecté finement au radar, sans mettre en oeuvre de fouilles.

Ce bâtiment  est situé à l’ouest du deuxième amphithéâtre de la ville antique de Carnuntum. Cet  amphithéâtre, fouillé entre 1923 et 1930, était l’un des quatre plus vastes amphithéâtres de l’Empire romain et pouvait accueillir jusqu'à 13 000 spectateurs. Il était essentiellement utilisé pour les spectacles de gladiatures et diverses assemblées. Un premier amphitheatre , pouvant accueillir 8 000 personnes,  avait été construit à proximité du camp légionnaire, pour distraire les militaires, comme cela était le cas dans toutes les garnisons romaines.
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Amphitheatre II de Carnunutum, qui pouvait accueillir jusqu'à 13 000 habitants (Friesinger, H. & Krinzinger, F. 1997. Les limes romain en Autriche. Académie des sciences, 1997)

 

Les reconnaissances radars sur le batiment ont confirmé la présence d’un complexe de 2 800 m2, entourés d’une parcelle de 11 000 m2 et délimité par un mur. L’école est constituée de plusieurs bâtiments disposés autour d’une cour intérieure comprenant une arène d’un diamètre de 19m2.

La configuration du batiment et la presence de cette petite arène , a proximité de l'amphitheatre,  ne laisse planer aucun doute : il s'agit d'un ludus gladiatorius, caserne de gladiateurs où logeaient et s'entrainaient les athlètes combattants. 

 

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Plan des vestiges en 2D du ludus de Carnuntum , interprété à partir des données radar - copyright LBI ArchPro

Il y avait également des thermes, un espace réservé au propriétaire du ludus (laniste)  et un bâtiment administratif de 300 m2.

Les gladiateurs, quant à eux, était logés dans des cellules individuelles de 5m2. Les images permettent également de repérer les conduites d'eau, les égouts et le système de chauffage par le sol. Selon les archéologues le cimetière des gladiateurs serait situé à proximité du complexe. 

 

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Interprétation en 3 D des données radar du site du ludus  - coyright LBI ArchPro


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Reconstitutions 3 D de la caserne des gladiateurs de Carnutum - copyright M.Klein / 7reasons

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Même si l'empire romain a  compté plus d'une centaines d'école de gladiatures,  seules trois, dont celles ci, ont été découvertes et étudiées : la seule école de gladiature comparable, de grandes dimensions avec une arène d'entrainement est le ludus magnus à Rome près du Colisée , où séjournaient l'élite de la gladiature. L'autre ludus mis au jour et étudié , celui de Pompei, ne comporte pas d'arene d'entrainement. Il s'agit donc à Carnutum d'une découverte exceptionelle et préservée par l'utlisation de techniques achéologiques innovantes non destructives .

 

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Les vestiges du Ludus Magnus de Rome -au premier plan des cellules de gladiateurs - près du Colisée


La video ci-dessous presente le ludus de Carnutum reconstitué en 3D :

 

 

La vie quotidienne des gladiateurs dans leur caserne

En l'absence de fouilles archéologiques sur le site, seule la comparaison avec les deux autres site étudiés et les auteurs antiques nous éclairent sur la dure vie quotidienne des gladiateurs. 

La caserne de Carnutum pouvait héberger jusqu'à 50 -60 gladiateurs dans les cellules individuelles de 5 m². Si les esclaves et condamnés (les damnati) étaient enfermés dans cette caserne, les hommes libres entrés volontairement en gladiature  (les auctorati) pouvaient en sortir et avaient souvent un logement à l'exterieur de la caserne . 

Les armes offensives étaient  stockées en lieu sûr, hors de portée des gladiateurs, mais le ludus de Pompei montre que des cellules vides pouvaient toutefois servir à stocker les équipements défensifs des différentes armaturae (casques , boucliers, protections....).

Dans les cellules, les hommes dormaient probalement sur de simples paillasses à même le sol, en l'absence de traces de literies. Les gladiateurs pouvaient avoir des femmes ou des concubines, souvent de conditions modestes, nommées péjorativement ludia (filles du ludus)

Le laniste emploie également du personnel pour s'occuper du bien être des gladiateurs:  pour les soigner , les nourrir, les entrainer, réparer ou ajuster leur équipement ... Les textes antiques et découvertes archéologiques montrent que la nourriture des gladiateurs est dominée par les céréales et legumineuses (notamment orge, fèves, fruits secs...), et la viande occasionnelle. 

Une discipline de fer et un entrainement quotidien rythmait la vie de la caserne. Les gladiateurs s'entrainaient, sous les directives d'un instructeur (doctores gladiatorium): outre des exercices pour maintenir la condition physique (athletisme, lutte..) ,  l'entrainement s'effectuait avec des armes de bois ; les débuts s'effectuait contre un poteau de bois ou un mannequin de paille, avant que les  gladiateurs ne se spécialisent vers une armatura. 


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Sica en bois (épée recourbée du gladiateur thrace)  retrouvée au camp miltiare de Haltern (Allemagne)


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Lampe à huile avec en décor un gladiateur thrace s'exercant sur un pieu de bois - musée du Louvres

La vile romaine de Carnutum 

Tibère (42 av. J.-C. -37 ap. J.-C.),  établit son camp sur le site, à proximité du Danube, en 6 après J.C, lors de sa campagne contre les Marcomans. En 40 apres JC,sous l'empereur Claude, la legion XV appolinaris s'y installe et construit une forteresse, d'abord de bois et de terre, puis en pierre sous Vespasien.  Cette légion sera ensuite envoyée en Orient et  remplacée à Carnuntum  par la XIV Gemina .

 

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Reconstitution du fort romain (en bois et terre ) lors de l'installation de la legion XV appolinaris au Ier siècle - Copyright M. Klein

 

Autour du camp militaire, une agglomération se développe, les Canabae Legionis,  abritant les civils accompagnant les légions. Cette agglomération atteint son apogée au III  ème siècle et devient une des métropoles romaine les plus florrissantes du Danube.

 

Capitale de la province de Pannonie, la cité romaine comptait 50 000 habitants à son apogée et s'étendait sur plus de 10 km2. 
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On  peut admirer les vestiges de la ville antique de Carnutum dans le Parc Archéologique de Carnutum, ainsi qu'un musée et de très eblels reconstitutions de batiments ( villa, thermes, auberge...) 
A visiter absolument si vous passez en Autriche : le site du Parc archéologique de Carnutum.

 

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Copyright Parc archeologique de Carnutum
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Découverte archéologique : une école romaine d'enseignement secondaire en Egypte

Publié le 12 Février 2014 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Des archéologues qui travaillent dans le désert occidental de l'Egypte ont découvert récemment sur un site connu depuis 1979,  une école  d'enseignement secondaire de l'Empire Romain datant du III ème siècle de notre ère .

Cette découverte, rare, nous éclaire sur une structure qui servait à l'enseignement de la grammaire, de la littérature grecque et romaine, la rhétorique, aux jeunes adolescents faisant partie de la jeune élite de l'empire romain. 

Cette structure scolaire d'enseignement secondaire a été utilisée une vingtaine d'années et a fini par devenir une partie d'une grande maison comportant des fresques et peintures.

La maison et l'école sont situés dans la ville antique de Trimithis (aujourd'hui Amheida ), qui est en oasis de Dakhla, à environ 300kilomètres à l'ouest du Nil. 

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La structure scolaire de Trimithis où l'on peut voir un banc et un mur avec un enduit blanc avec des textes littéraires grec en rouge - photo copyright -  Eugene Ball 

 

Une découverte rare

Dans le monde romain antique, il n'existe pas de bâtiment dédié à l'éducation, et les écoles se situent généralement au domicile de l'enseignant ou dans des lieux ou des pièces ouvertes , comme l'auvent ou l'intérieur de boutiques, ou des galeries attenantes aux édifices publics du forum. 

De fait ces écoles sont difficiles à identifier en archéologie. 

 

La structure d'Amheida est sans conteste une école, comme en témoigne la taille de la pièce, le mobilier (banc de pierre)  et surtout les textes en Grec sur les murs,  témoignant d'activités d'enseignements. 

Le texte du professeur a été rédigé très soigneusement et était apparemment un modèle pour la composition. A cette époque, dans l'empire romain oriental le Grec était la langue la plus couramment utilisée et enseignée. 
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Extrait de l'Odyssée  en grec sur le mur de l'école : Helene de Troie donne à ses convives une drogue pour leur bien être - Photo copyright  Paola Davoli 
 

Par exemple, le texte se référe à un passage de "L'Odyssée" et raconte une histoire légendaire de la consommation de drogue ancienne: Hélène de Troie,  donne ses invités un médicament (peut-être l'opium) qui "enlève la douleur et la colère, et apporte l'oubli de  tous les maux »,

Le  texte du mur de l'école se lit comme suit :  "Celui qui doit boire ce mélange dans un bol ne laissera pas tomber une larme sur sa joue durant au moins toute une journée.   Imiter." 

Le mot "imiter" apparaît pour indiquer les élèves devaient copier le passage d'une certaine façon. 

Dans une autre pièce de l'école, l'équipe d'archéologues a découvert un autre texte composé par un professeur qui explique aux élèves de mettre en pratique leurs compétences rhétoriques au bénéfice  de plusieurs divinités, y compris l'ancien dieu grec Hermès. 

 Il a également exhorté les étudiants à travailler dur. "Soyez audacieux, mes garçons, le grand dieu vous accorde d'avoir une belle couronne récompensant la vertu ". Ailleurs , dans le même esprit on lit :  "Travaillez dur pour moi, la fatigue fait les hommes virils ..."

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Statue honorant  un grammaticus (enseignant grec du secondaire) , au II e siècle à Rome, nommé Marcus Mettius Epaphroditus - Musée de la civilisation romaine - palais Altieri . Photo Barbara McManus

 

L'école n'a été utilisée qu'une vingtaine d'années, peut-être parce que l'enseignant a déménagé ou est décédé, pratique attestée par les auteurs antiques,  ont indiqué les chercheurs. Après sa fermeture, le bâtiment de l'école a été incorporé dans une maison voisine appartenant à un magistrat local nommé Serenos, qui a utilisé une partie de celui-ci pour le stockage.

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Fresques des dieux de l'Olympe dans la maison de Serenos - photo copyright Eugene Ball

En 1979, les chercheurs avait  déjà mis au jour la maison de Serenos et une peinture des dieux de l'Olympe. Des fouilles plus récentes (2008) avaient  révélé davantage de peintures dont une d'une scène de banquet avec un joueur de flûte. Dans une pièce, presque toutes les surfaces murales  ont  été décorées, soit de motifs géométriques colorés ou des scènes animées figuratifs.

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Scène du banquet et du joueur de flute dans la maison de Serenos, photo copyright Eugene Ball

 

Serenos semble avoir apprécié les leçons du professeur et les a sauvegardées sur les murs de sa maison, signe de sa sophistication culturelle.

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Découverte archéologique : une épave romaine avec son chargement d'amphores dans le Port antique de Narbonne

Publié le 19 Septembre 2013 par Gellius dans Découvertes archeologiques

C'est une découverte exceptionnelle qui vient d'être faite par une équipe d'archeologues du CNRS, dans l'antique chenal reliant le Port romain de Narbonne et la mediterranée.

Le port fait l'objet de fouilles depuis 4 ans,  se trouve au lieu dit "La Nautique" près de l'étang de Bages au Sud de Narbonne.  

La ville antique de Narbonne n'a curieusement pas laissé de traces : pourtant c'était la capitale de la province Narbonnaise et la premiere colonie romaine construite  hors d'Italie  en 118 avant J.-C. (soit 60 ans avant la conquête de la Gaule "chevelue" par Jules Cesar). Elle  était décrite par les auteurs antiques comme Strabon ou Ausone  comme une ville à l'architecture époustouflante, rivalisant avec celle de Rome, et comme l'un des ports les plus importants de l'Antiquité.

Pourtant dans la ville actuelle de Narbonne, contrairement  à Nimes ou Arles, nulle trace de monuments romains , de temples, d'amphitheatre, de theatre,  ni même de mer..  Comme si  la ville antique , un symbole de Rome , avait été "rayée de la carte" de la Gaule et fait l'objet d'un méticuleux "démontage"au V ème siècle,  apres la chuie de l'empire, la région étant alors intégrée au royaume wisigoth.  

En 2007, le port antique est enfin découvert  à quelques kilomètres au sud de Narbonne : deux structures rectilignes quasi parallèles, longues de 2 kilomètres, larges de 15 mètres et espacées de 50 à 80 mètres sont découvertes."Un chenal monumental, rarement une construction romaine a atteint une telle ampleur. Plusieurs gros bateaux pouvaient y entrer en même temps, d'apres les archéologues de la DRASSM et du CRNS ."

 En fouillant  les berges de ce canal, les chercheurs mettent au jour des débris de bâtiments antiques, ayant servi à des réparations des berges du chenal . "Les Romains recyclent souvent les ruines pourconstruire d'autres ouvrages, c'est assez classique, commente l'archeologue Corinne Sanchez. Mais nous ne nous attendions pas à cela." 

En 2011, les archéologues tombent sur des bouts de colonnes de 1,50 mètre de diamètre, sur du marbre de Carrare ou des morceaux de sculptures gigantesques. Les restes du capitole de Narbonne, un édifice majeur qui, d'après les textes antiques, faisait 118 mètres de long et qui, au Ve siècle, aurait servi de palais au roi des Wisigoths. "Les réparations du chenal se sont faites par tronçons, reprend la chercheuse. Du coup, sur un même secteur de fouilles, nous n'avions les restes que d'un seul bâtiment." 

D'après les chercheurs, ce chenal, dont les berges ont servi d'aires de déchargement, a été utilisé entre le IIe et le Ve siècle après J.-C. ; il aurait donc pris le relais de Port-la-Nautique. "Ce déplacement reste inexpliqué, continue Nicolas Carayon, responsable des fouilles à Port-la-Nautique. L'abandon du site initial pourrait être lié à un problème d'envasement mais aussi à un problème politique. Il semble en effet que ce premier port ait appartenu à une personnalité richissime... peut-être gênante pour Rome." 

 

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Reconstitution des principaux vestiges reconnus à Port-la-Nautique à Narbonne. À gauche, les grands entrepôts ; à droite, le « Lac de Capelle » , un viver à poisson luxueux ayant appartenu à un puissant personnage de Narbonne .© Patrice Cervellin, GRAL/CNRS

 

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Une reconstitution de la zone de déchargement sur les berges aménagées de l'Aude, alors canalisé pour se jeter dans les étangs de Bages-Sigean. Sur ce site  près du Grand Castélou, les chercheurs ont notamment découvert un entrepôt de 7,6 m de large sur plus de 18 m de long - source CNRS 

Situé à l'embouchure du fleuve Aude, le port de Narbonne est un des plus importants de l'Antiquité. Les romains construisent dans l'étang, 2 gigantesques jetées avec des quais de déchargement, des entrepôts et une voie de halage jusqu'à Narbonne. n chantier colossal, pour lequel des milliers de chênes et de sapins sont acheminés depuis le massif central.

 

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© F3 LR Narbonne (Aude) - un bateau retrouvé lors des fouilles du port antique - septembre 2013.

 

Cet été 2013 , c'est presque par hasard qu'ils vont faire une découverte exceptionnelle : une épave de bateau dont la coque, quasiment intacte, a été conservée dans les sédiments, ainsi que sa cargaison d'amphores.
Ce bateau est un des rares exemples de navire marchand de cette époque du monde romain.

 

Autre article sur le port antique de narbonne : cliquer ici

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Découverte archéologique : une pêcherie gallo-romaine à Pont-sur-Seine

Publié le 15 Septembre 2013 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Une pêcherie gallo-romaine d'eau douce , datée du I er siècle de notre ère, a été découverte par L'INRAP à Pont sur Seine, au lieu dit le Gué des Han, au niveau d'un ancien bras de la Seine .

 


Agrandir le plan

 

 

Cette pêcherie, en excellent état de conservation car conservée en milieu humide, se présente sous la forme de deux palissades composée de pieux verticaux reliés les uns aux autres par un "mur" de clayonnage en osier

Le dispositif est  en forme de V ouvert à l'amont et se resserant à l'aval, dirigeant les poissons vers un système de nasses et/ou de filets par d'ingénieux dispositifs les empêchant  de s'enfuir...

Il s'agit d'une découverte rare, même s'il  existe quelques vestiges s de ce type en Gaule -Romaine, dont une sur la Saone reconstitué au musée Vivant-Denon (Chalon-Sur-Saone)  :

 

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      Pêcherie gallo-romaine  dans la Saone - maquette du musée Vivant-Denon

 

« L'intérêt de cette structure permet de mieux comprendre les techniques de prise des poissons, ainsi que la gestion de la rivière, et celle de l'environnement forestier », commente Didier Dréano, ichtyologue spécialisé dans l'étude des poissons. Elle permet éaglement de faire la lumière sur des métiers gallo-romains et la vie quotidienne des populations vivant au bord du fleuve. 

L'état du site est remarquable avec une structure complète en place qui renseigne sur la pratique de l'activité halieutique à l'époque gallo-romaine. Six nasses en osier tressé sont encore en place dans le dispositif, dont une superbement bien conservé, dans un état proche de son état d'origine et d'environ 1,50 m de long.

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La nasse en osier  découverte à Pont sur Seine dans un parfait état de conservation (photo Canal 32)

 

« La datation du site, contemporain du Ier siècle après notre ère, a été rendue possible par la découverte sur place de plusieurs éléments de céramique » déclare Didier Dréano. Le chantier s'achèvera dans une semaine ou deux. 

Voir la video des fouilles sur Canal 32 présentant l'ensemble des découvertes : cliquez ici

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Scène de pecherie romaine : au bout du piège en V,  des Amours dans une barque capturent des poissons dans un filet, pendant q'uun autre à droite pêche à la ligne , sous les yeux d'Aphrodite - Peinture du III ème siècle - Musée de Sousse - Tunisie (photo A.Stephan)

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Découverte archéologique : un soldat grec du IV e siècle avant JC ayant survécu plusieurs dizaines d'années avec une pointe de flèche dans le bras!

Publié le 11 Août 2013 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Lors d'une étude en 2013 d'ossements au rayon X issus d'une tombe d'un soldat antique découverte vers 1980 dans la ville de Serres dans le Nord de  la Grece , le professeur Anagnostis Agelarakis, anthropologue  à l'Université Adelphi -USA, a fait une découverte assez exceptionnelle.

Ce vétéran avait une pointe de fleche encore fichée dans le bras, mais a survécu plusieurs dizaines d'années, jusqu'à l'age de 60 ans environ. La tombe se trouvait en Macedoine antique, sous le règne de Philippe II, père d'Alexandre le Grand, dont la capitale se trouvait à Pella (Vergina actuelle) .

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Localisation de la tombe du soldat grec ou macedonien

 

S'agit-il d'un vétéran macedonien, ayant combattu aux côtés de Philippe II contre les autres cités grecques , ou au contraire, un vieux soldat issu d'une cité grecque soumise, venu finir ses jours en Macedoine dans le nouveau royaume macedonien étendu à toute la Grece en 336 avant JC ? Aucun des indices découverts avec la tombe ne permet de l'affirmer.

 

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Phalangite macedonien de l'armée de Philippe II : Pezhetairoi ou "Compagnon à pied" - Dessin Jonnhy Shumate avec son aimable autorisation

La pointe de flèche en bronze dotée de barbelure, s'est fichée dans son avant bras gauche, dans l'os du cubitus, générant une excroisssance osseuse: avait il cherché à se protéger avec son bouclier, tenu habituellement par l'avant bras gauche dans les armées grecques et macédoniennes , que la flèche aurait transpercé?

 

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Détail de l'os de l'avant -bras avec la point de flèche en bronze fichée photo North Shore-LIJ.

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Pointes de fleches macedonniennes, issue de la maison 49 d'Olynthos, ville que Philippe II a assiégé en 348 avant JC, lors de la guerre contre la ligue de Chalcidique. La pointe centrale à barbelure porte l'inscription " de Philippe".

 

Quoiqu'il en soit, ce blessé à fait  rapidement l'objet de soins médicaux , ce qui a permis d'éviter l'infection. L'examen du cubitus montre que les tentatives de retrait de la pointe de fleche ont échoué, et que le pauvre soldat a vécu toute sa vie avec cette pointe de fleche fiché dans le bras , ce qui devait être plutot douloureux : cela a dut etre définitivement handicapant et l'a rendu inapte au combat.

 

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Céramique de la période classique :  Achille soigne Patrocle d'une blessure à l'avant bras lors de la Guerre de Troie- Peinture de Sosias - environ 500 avant JC - Berlin Museum .

Ce type de découverte est plutot exceptionnel en archéologie : s'il arrive de trouver , dans les tombes,  des pointes de fleches fichées dans les os (notamment dans les vertèbres, et ce depuis le Neolithique) , ces dernieres ont généralement entrainé la mort de la victime.

Ici, la blessure n'a pas été fatale et a été suffisamment bien soignée pour permettre à l'individu de finir tranquillement ses jours jusqu'à un âge d'un soixantaine d'années, age tres respectable pour l'époque : cette découverte nous offre un cliché à la fois des rudes conditions de vie des soldats grecs et macedoniens, mais aussi de la qualité des soins qui pouvaient leur être prodigué sur le champ de bataille.

Philippe II a lui-même subit de graves blessures lors de campagne, il était devenu boiteux suite à une grave blessure à la jambe, et avait perdu son oeil droit par une blessure de fleche.  Alexandre Le Grand a également  subit plusieurs blessures sérieuses lors de ses campagnes ,  dont il s'est remis grâce à des soins de bonne qualité, malgré les risques infectieux élevés à cette époque. Ptolémée (repris dans l'Anabase d'Arrien) décrit ainsi une des plus graves blessures du conquerant, lors de l'attaque de la capitale des Malles, aux confins de l'Inde : « Alexandre fut atteint d’une flèche qui pénétra la cuirasse et traversa la poitrine au-dessus du sein, de sorte que, comme le dit Ptolémée, à chaque expiration, il sortait en même temps de la blessure de l’air et du sang » (Arrien VI, 10, 1)

Les anthropogues ont également tenté de reconstituer l'allure ce de vétéran , à partir de son crâne :

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Reconstitution du visage du vétéran de l'armée grecique ou macedonienne . Dessin de Argie Agelaraki

 

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Des coiffures de femmes romaines reconstituées à partir de momies d'Egypte

Publié le 10 Mai 2013 par Gellius dans Découvertes archeologiques

Une équipe de chercheurs canadiens ont récemment publié (dans RSNA RadioGraphics)la reconstitution en 3D de coiffures de deux femmes de l'empire romain , à partir de momies de l'Egypte romaine découvertes au XIX ème siècle sur le site d'Hawara  (Fayoum) et de Thèbes antique (Louxor actuelle) .

C'est également dans la nécropole du Fayoum qu'ont été découverts au XIX ème siècle , peints sur les cercueils, les célèbres portraits qui donne  une image réaliste la population du site entre le Ier et le IV ème siècle de notre ère (plus de 1000 portraits établis du vivant des personnes) .

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Portrait d'une femme romaine du Fayoum - II ème sicèle apres JC 

Cette fois, il s'agit de reconstitution scientifiques  de visages et de coiffures antiques  qui ont été réalisées à partir des techniques issues de la police scientifique , techniques dont le réalisme des reconstitutions est saisaissant.

Une jeune femme romaine du II ème siècle après JC 

La premiere momie est celle d'une jeune femme de vingt ans, d'un taille d'un 1,60 m, dont les causes de la mort ont peut être été provoqué par une curieuse blessur à l'abdomen , percé de 3 trous de 3-4 mm disposés en trinagle. Cette momie , dont le nom est incounnu, a été  trouvée dans un très beau sarcophage conservé au Redpath Museum :

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Sarcophage de la jeune momie - source Nicolas Morin- McGill University

Elle est datée de la  la moitié du II ème siècle apres JC. Cette jeune femme est issue d'un milieu aisé, si l'on en juge par son sarcophage et la coiffure complexe de sa chevelure brune : il s'agit d'une coiffure typique de la moitié du II ème siècle après JC ou de fines tresses sont amenées sur le haut de la tête vers un tutulus ( chignon). 

 

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Reconstitution 3D de la jeune romaine d'Egypte du II ème siècle après JC - Source Victoria Lywood - J.A. College

Ce qui est intéressant, c'est de retrouver aux confins orientaux de l'Empire romain, le portrait de cette jeune romaine dont la coiffure est directement inspirée d'une mode impéraile de l'époque , si l'on en juge par une répresentation courante de l'impératrice Faustine la Jeune , au milieu du II ème siècle (soit au même age que la momie). Il s'agit de l'épouse de l'empereur Marc - Aurèle;, et mère du non moins célébre empereur Commode.

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Aureus (pièce d'or) représentant Faustina la Jeune (145 ap JC) 

 

Une matrone aux cheveux blancs du III ème / IV ème siècle de Thèbes

Une autre momie recontituée provient de la ville antique de Thèbes, et plus agée cette fois (environ 60 ans, ce qui est un age respectable pour l'époque) et qui faisait également 1,60 m.La momie a été datée de 200 ans plus tard, au bas empire romain (datation carbone 14 entre 230 et 380 après JC) , à une époque où l'Egypte devient un centre important pour la religion chretienne et où la momification est une pratique qui se fait de plus en plus rare.

Cette femme avait les cheveux blancs et de sérieux problèmes dentaires, plusieurs dents lui manquaient et elle souffrait d'affligeants abcès.

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Reconstitution 3D de la matrone de Thèbes du III-IV ème siècle - source Victoria Lywood - J.A. College

 

 

 

 


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Découverte archéologique: « La Pompeï du Nord » : un fabuleux site archéologique d’époque romaine à Londres

Publié le 13 Avril 2013 par Gellius dans Découvertes archeologiques

« La Pompeï du Nord » : un fabuleux site archéologique d’époque romaine vient d’être découvert à Londres. 

 

Les fouilles archéologiques préventives, menées par une équipe du London Museum of Archeology  sur le site de futur siège Bloomberg LP à  Londres,  ont révélé  un site archéologique exceptionnel par la richesse des découvertes liées à des conditions particulières de conservation en milieux humides des vestiges, et qui ont permis la conservation de cuir, bois, osier…  et autres matières périssables habituellement disparues dans les sites des cette époque.

Les vestiges de construction associés à plus de 10 000 objet de la vie quotidienne ont déjà fait surnommer la "Pompéi du Nord." .

Nul doute que ce site va contribuer grandement à l’avancée des connaissances scientifiques sur la vie quotidienne dans la partie septentrionale de l’empire, dans Londinium capitale de la Bretagne (province de Britannia) . En attendant les publications scientifiques qui mettront surement plusieurs années à paraitre, voici en avant première les résultats « bruts de fouilles. « 

Le site archéologique est une véritable fenêtre sur toute l’histoire romaine de Londres, où se superposent couche après couche, sur une douzaine de mètres, toute la séquence de l’occupation du lieu depuis de la conquête romaine (43 après JC), jusqu’à la fin de l’empire en Bretagne ( 410 après JC) .

Voir reportage video sur le site de fouille ( en français - source le Monde) 

 


Vestiges romains dans la City par lemondefr

Cette occupation est représentée par des bâtiments, des cours, des ruelles entières, avec les bases de murs en bois et les fondations, des drains d’eau ou de déchets, une porte en bois , un puits profond…

 

Fondations en bois  d’un bâtiment : on y voit clairement tous les assemblages en tenon et mortaise (photo©London Museum of archeology)

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Le puits avec un coffrage en bois où  a été découverts de nombreuses offrandes aux dieux , pièces, vaiselles d'étain, cranes de vaches, et bien d'autres objets ( voir ci-après), ainsi que la base de poutres de murs  - photo ©London Museum of archeology

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Drain en bois-photo ©London Museum of archeology

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Sol pavé d’un bâtiment - photo ©London Museum of archeology 

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Sur la video suivante des fouilles  (source Histoy blog) , on voit clairement les bases des poutres verticales qui soutenaient des murs de bâtiment, les fondations en bois , le puits à coffrage de bois, et la porte en bois presque intacte ( la deuxième porte romaine  découverte à Londres)

 

 

Associés à ces structures d‘habitats, des milliers d’objet de la vie quotidienne ont été découvert, notamment dans des dépotoirs dont certains sentaient encore incroyablement mauvais, 2000 ans après et  dont voici un aperçu :

Des offrandes, amulettes diverses, bijoux, … qui ont probablement été offertes aux dieux pour un vœux et jetées  dans le puits :

  • une amulette  porte bonheur  en  os destinée à chasser  « le mauvais œil «  en associant les pouvoirs apotropaïqes du phallus et du geste de la mano fica . Ce type d’amulette est très courant dans le monde romain - photo ©London Museum of archeology

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  • un magnifique pendentif en ambre. Ce bijou devait être d'une très grande valeur, l'ambre étant importée d’Europe du Nord. Il représente un casque de gladiateur (mirmillon) - photo©London Museum of archeology

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  • une plaque de plomb en forme de taureau selon la représentation du signe zodiacal -photo ©London Museum of archeology

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  • de la très belle vaisselle d’étain - photo ©London Museum of archeology

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  • une amulette phallique atropopaïque qui faisait partie du harnachement d’un cheval - photo ©London Museum of archeologylondon14

 

 

  • Un vase datant du Ier siècle ap JC  déposé en offrande dans le sous sol d'un batiment romain -photo ©London Museum of archeology

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Des objets plus utilitaires :

-       un panier d’osier complet , d’usage courant et très souvent représentés sur les peintures ou mosaïques romaines mais rarement découverts intacts : le panier en cours de dégagement, photo ©London Museum of archeology

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-       un mystérieux morceau de cuir magnifiquement décoré d’un gladiateur et de deux dragons  sur lequel les archéologues s’interrogent : il pourrait s’agir d’un fragment de garniture de chariot ou d’une tenture murale ? Photo ©London Museum of archeology

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Détail du décor du dessin du gladiateur et des deux créatures mythiques  sur cette pièce de cuir :

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-       un couteau avec un magnifique manche en os décoré -photo ©London Museum of archeology

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-       plus d’une centaine de chaussures en cuir dont la datation s’étale sur une période de 200 ans, permettant d’observer l’évolution des modes et des styles  . L’exemplaire ci après correspond à un modèle de chaussure fermée avec décor ajouré , de type Carbatinae, datant  du II ème siècle  - photo ©London Museum of archeology

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Les chaussures incluent également des modèles à semelle épaisse de liège ou de bois,  rarement retrouvés en fouille, mais d’usage courant notamment  dans les intérieurs des villae, pour se protéger la plante des pieds des chauffages au sol parfois brulant (hypocauste)

 

-       également des documents qui une fois traduit seront surement un émouvant témoignage de la vie quotidienne de ces habitants : ils ‘agit d’une centaine de tablettes d’écriture en bois : actes de comptabilité, registres, mais aussi lettres de correspondance … comme par exemple l’acte de vente d’une  jeune esclave importée de Gaule au nom de Fortunata. Tablette d'écriture  en bois ©London Museum of archeology

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Enfin également un fragment de corde et de tissu de laine (© London Museum of Archeology) :

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Ce site exceptionnel se trouve en plein centre de la ville romaine Londinium, près du cours disparu de la  rivière Walbrook, au bord de laquelle les Romains avaient installé, un port,  le palais du gouverneur…

Les fouilles ont également permis de retrouvé une nouvelle partie d’un temple dédié à Mithra, divinité orientale, qui avait été découvert en 1954 . Il sera démonté puis déplacé et sera visible sous le futur bâtiment. Les vestiges seront quant à eux conservés (et esperons-le prochainement exposés au public), au London Museum of archeology.

 

 

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